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Italie: une demeure enfin digne de la splendeur des bronzes de Riace !

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Les deux bronzes de Riace (ici la statue A, dit encore le Jeune) sont fièrement dressés au musée archéologique de Reggio de Calabre.
Les deux bronzes de Riace (ici la statue A, dit encore le Jeune) sont fièrement dressés au musée archéologique de Reggio de Calabre. wikimedia cc

Plus de dix ans de travaux ont été nécessaires pour restaurer le musée archéologique de Reggio de Calabre, la plus grande ville de la Calabre, région du Sud de l’Italie qui s’étire entre la mer Tyrrhénienne et la mer Ionienne. Inauguré le 30 avril par le président du Conseil Matteo Renzi et le ministre de la Culture Dario Franceschini, ce musée, d’une superficie de 11 000 m², offre enfin un espace aux guerriers de Riace digne de la splendeur de ces bronzes, datant du Ve siècle avant Jésus-Christ et retrouvés, fortuitement, en 1972.

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De notre envoyée spéciale à Reggio de Calabre,

Cette découverte, on la doit à un plongeur amateur, chimiste de profession, Stefano Mariottini. Le 16 août 1972 il part plonger à 300 mètres de la côte de Riace. A une profondeur de 10 mètres, il tombe sur un bras, ce qui l’effraie... Il pense qu’il s’agit d’un cadavre. Il alerte les carabiniers et, grâce à ses indications, une équipe de plongeurs professionnels va sortir de l’eau deux magnifiques sculptures.

Les bronzes, étonnamment conservés, sont rebaptisés « A » et « B » par les scientifiques, ou le « Jeune » et l’« Adulte » par les poètes. Le Jeune frappe par des détails, parfaitement définis : les mamelons, les boucles des cheveux, les cils, les dents, les yeux incrustés d’ivoire… L’Adulte attire autant la curiosité des experts par le mouvement particulier donné au corps. Les deux bronzes, d’une hauteur de près de deux mètres, ne sont pas l’œuvre d’un même sculpteur. Grâce aux analyses de l’argile, on a découvert qu’ils ont été créés à Argos et Athènes, par les maîtres artistes du Ve siècle avant notre ère.

Aujourd'hui, cette découverte reste l’une des plus fascinantes au monde : deux guerriers antiques au physique de top modèle. Le Jeune et l’Adulte provoquent des émotions extrêmement fortes, très sensuelles, car ils sont tout au top de l’idéal de l’esthétique. De la précision des dessins de la musculature, tout en harmonie, à la finesse du traitement de leur visage. De face comme de dos : ils sont sublimes !

Évidemment, ces guerriers, représentés nus, debout et barbus, dans toute leur vitalité, ont fait l’objet d’une longue restauration au laboratoire d’archéologie de Florence, entre 1975 et 1980. Mais comment sont-ils arrivés dans les eaux calabraises ? À ce jour, l’hypothèse la plus retenue est que pour éviter un naufrage - sachant que chaque bronze pèse 250 kilos - ils ont été jetés par-dessus bord du navire qui les transportait en pleine tempête. Mais ils auraient dû être acheminés jusqu’à Rome pour décorer la demeure d’un richissime patricien. Les nobles Romains de l’époque étant très séduits par la beauté des créations grecques.

A l'heure actuelle, ces chefs-d’œuvre ont une demeure fixe à la hauteur de leur splendeur. Après des années de polémiques, ils sont installés définitivement dans une salle lumineuse du palais Piacentini, qui abrite le musée archéologique de Reggio de Calabre, restauré par l’architecte Paolo Desideri. Toutes les précautions ont été prises pour assurer leur conservation : structures antisismiques et climatisation parfaites. Les travaux, qui ont coûté 34 millions d’euros, ont aussi permis de bien réorganiser le musée. Il offre maintenant un parcours très fluide, avec plus de 200 pièces témoignant du passé de la Calabre, colonisée par les Grecs, les Byzantins ou encore les Arabes. Bref, une raison de plus pour découvrir cette région et la beauté, renversante, des deux guerriers.

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