Revue de presse française

A la Une: un 1er-Mai sous tension

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AFP

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Et pourtant, « la fête du Travail, tout le monde s'en fiche » estime Sébastien Lacroix dans les colonnes de l'Union. Tout le monde s'en fiche car rien ne ressemble plus à un 1er-Mai qu'un autre 1er-Mai : slogans identiques, éternelle bataille de chiffres entre syndicats et police. Même l'itinéraire de la manifestation parisienne - Bastille-Nation - ne varie pas. « La fête du Travail ne sert à rien sauf à donner un jour de congé aux travailleurs » note Sébastien Lacroix. « Quoique », ironise l'éditorialiste, « depuis que le gouvernement l'a placée un dimanche, elle ne sert vraiment plus à rien »

Alors est-ce l'un des symptômes de ce désintérêt pour le 1er-Mai ou celui d'une certaine lassitude alors que les manifestations contre la réforme du code de travail se sont succédé ces dernières semaines? La plupart des journaux note en tout cas que la mobilisation hier était faible. Une mobilisation qui contraste donc singulièrement avec la tension. Car si L'Humanité, le quotidien communiste, salue « une force tranquille et déterminée », les autres quotidiens reviennent sur les heurts qui ont éclaté dans le cortège parisien. « La place de la Nation s'est retrouvée noyée sous les gaz lacrymogènes » estime Le Parisien-Aujourd'hui en France qui reprend le fil des événements, heure par heure voire minute par minute. Selon le quotidien, il est 15h50 quand « tout dérape ». Un homme encagoulé qui jette une planche sur des policiers. S'ensuivent alors tirs de mortier, de feux d'artifice vers les forces de l'ordre et « une réplique nourrie » des policiers. « On n'a jamais vécu un tel truc. Les CRS font n'importe quoi. Les jeunes anars aussi » dit un manifestant, cité par le journal.

Bernard Gaseneuve

Et les journaux s'interrogent sur les responsabilités des uns et des autres dans ces heurts. Il y a ceux qui, comme certains internautes qui ont sur Twitter rebaptisé le ministre de l'Intérieur Bernard « Gaseneuve », rejettent la faute sur les forces de l'ordre. Ceux ou celui : car L'Humanité est bien seule sur ce registre-là. Le journal communiste dénonce des « provocations » de la part des policiers. Certes, les forces de l'ordre en uniforme « se sont faites moins imposantes sur les trottoirs que lors des manifestations précédentes » concède le quotidien. Mais il estime que « leurs collègues en civil étaient, eux, bien présents et disséminés un peu partout, sans que l'on puisse les distinguer d'autres manifestants cagoulés ou casqués ». Et le journal de s'interroger : s'agit-il d'une « stratégie pour discréditer le mouvement social en lutte contre la loi Travail depuis deux mois ? »

Les forces de l'ordre mises à l'index par L'Humanité. Les autres journaux relèvent plutôt la présence de casseurs dans le cortège. Et Bertrand Meinnel, dans Le Courrier Picard, de s'interroger s'il n'y a pas là une responsabilité des syndicats. Ils « s'enferment dans un mode unique de contestation, sous forme de défilés qui à force d'être répétés finissent par faire partie du paysage. Et qui offrent aux groupuscules ultra-violents la couverture et le prétexte pour surgir, casser et frapper ».

Fait de gloire
 
Autre affrontement qui, lui, s'est joué à distance, en ce 1er-Mai: celui des Le Pen père et fille. Une « bataille » même à en croire Aujourd'hui en France. Et si pour Libération le lexique est un peu moins guerrier, cet autre quotidien revient lui aussi sur les célébrations de Jeanne d'Arc par les deux grandes figures de l'extrême-droite française. « Le Pen père parasite le 1er mai de Le Pen fille » titre le journal... Et pourtant, le fondateur du Front National n'a réussi à attirer que 400 personnes à son rassemblement : un « échec militant » estime Libération. Mais pour le journal, le fait de gloire de Jean-Marie Le Pen en ce 1er-Mai est d'avoir attiré 3 eurodéputés : Bruno Gollnisch, Mireille d'Ornano, Marie-Christine Arnautu, toujours fidèles à celui qui est surnommé le « Vieux » malgré les avertissements du camp adverse, celui de la fille. Le vice-président du FN, Florian Philippot, avait prévenu que « si des cadres se rendaient à ce rassemblement, ils passeraient en commission de discipline ». Le Front national n'en a décidément pas fini avec sa guerre des clans.

Le bien informé 'indic'

On connaissait « Les tontons flingueurs », le film des années 60 : voici les « tontons flingués », titre de Libération sur l’ouverture, ce lundi, du procès de Michel Neyret. « Tontons », en argot policier, cela désigne les indicateurs. Et ce procès sera celui des liens entre ces tontons et les personnes qu'ils sont censées renseigner : les policiers. Censées, car dans le cas de Michel Neyret, on se demande si le policier n'était pas plutôt l'informateur. Lui qui était « une légende de la police » comme le dit Le Parisien, ex-numéro 2 de la PJ de Lyon, est en tout cas jugé, entre autres, pour corruption, trafic d'influence, violation du secret professionnel ou encore association de malfaiteurs. Ce qui interroge, ce sont ces liens avec un homme mis en cause dans une affaire de stupéfiants. Un « informateur » s'était justifié Michel Neyret en garde-à-vue. « Quelqu'un qui connaît bien le milieu lyonnais, qui me permettait d'avoir une vision sur certains dossiers ».

Mais les hommes étaient très proches, rappelle Libération. Ils se voyaient deux ou trois fois par semaine et se parlaient quasiment tous les jours au téléphone. Et les écoutes téléphoniques révèlent, écrit Emmanuel Fansten dans les colonnes du journal, que « l'indic semble obtenir du policier bien plus d'informations qu'il ne lui en donne ». Ce procès, ce sera donc celui d'une figure de la police française mais aussi celui de ces méthodes « borderline » estime Libération pour qui il a existé « une époque, pas si lointaine, où les entorses au code de procédure pénale étaient monnaie courante ».

« Calinothérapie »

« Pour les profs, c'est l'heure des récompenses » titre Le Parisien. Pour les profs, ou pour les instits plus précisément. Le ministère de l'Education nationale organise aujourd'hui et demain un grand séminaire pour dresser un bilan de la « refondation de l'école » voulue par le chef de l'Etat. Et ce devrait l'occasion pour le président d'annoncer une augmentation annuelle de 800 euros par an pour les instituteurs, moins bien payés que leurs homologues du secondaire. Une opération « calinothérapie » estime Le Parisien-Aujourd'hui en France pour un président bien en mal de popularité mais surtout de plus en plus en rupture avec son électorat traditionnel, dont fait partie le corps enseignant.

Autre effet ' présidentielle ' sur la politique de l'exécutif: une prochaine baisse des impôts. C'est en tout cas une possibilité pour Les Echos. Le quotidien économique assure que le chef de l'Etat est « tenté » par cette option, « déterminé » même à faire un nouveau geste en faveur des ménages.

Coffre-fort

L’innovation pourrait bien séduire le futur vacancier qui sommeille en tout un chacun et c’est Le Parisien qui la présente. En apparence, il ne s'agit que d'une table basse somme toute classique : une petite boîte arrondie de 35 cm sur 20 cm. Probablement très pratique pour y déposer un sandwich qu'on ne veut pas voir gâcher par du sable, elle a une utilité encore plus grande : cette petite boîte est en fait un coffre-fort. Un coffre-fort pratique pour dissimuler votre téléphone portable, votre portefeuille ou vos clés de voiture. Car être en maillot de bain ne rime pas avec dénuement le plus total !

 

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