Revue de presse Afrique

A la Une : les « doléances » du 1er mai

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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 Elles ont été présentées aux dirigeants du continent sous forme de chapelet ou de cahier. Mais quelle que soit l'expression choisie par les quotidiens, l’idée est la même : les doléances étaient nombreuses.

Comme en Côte d'Ivoire où, selon le site d'information lepointsur, la présentation de ces revendications sociales par les différents syndicats et associations a laissé le président Ouattara « sans voix ». Des doléances nombreuses et fortes poussant le chef de l'Etat à faire une concession de taille : l'annulation « pure et simple » de l'augmentation des prix de l'électricité. Une décision qui est « un ouf de soulagement pour les populations » écrit Fraternité Matin. Cette hausse, rappelle le quotidien ivoirien, était à l'origine de « plusieurs grognes ». Et le journal d'estimer que sur ce sujet, Alassane Ouattara a voulu « marquer le clou » en annonçant l'ouverture du secteur à d'autres opérateurs : une mise en concurrence « en vue d'une baisse effective des prix » relève Fraternité Matin.

L'annulation de cette hausse des tarifs de l'électricité retient aussi l'attention des autres organes de presse du pays qui relèvent une volonté présidentielle d'abaisser la tension. Mais le pointsur a un regret: « Alassane Ouattara parle sans prendre de sanctions contre l'injustice » titre t-il en Une. Le site note des excuses de la part du chef de l'Etat, relève que le président a reconnu que « certaines décisions prises par les ministres de son gouvernement sont injustes » mais s'interroge: « cette fête qui célèbre les capacités de l’homme et de la femme à impacter positivement leur environnement, selon le président lui-même, n’était-elle pas la tribune à laquelle des décisions vigoureuses devraient être prises, concernant ceux qui bafouent les décrets, en en faisant qu'à leur tête ? ». « L’injustice, la manipulation des moins nantis par certains membres du gouvernement, l’impunité restent les maîtres-mots auxquels le président, Alassane Ouattara doit s’attaquer frontalement » estime Sériba Koné.

57 doléances au Burkina

Des doléances nombreuses aussi au Burkina Faso voisin. Là aussi ce mot revient en une de la presse locale, toujours accompagné de ces qualificatifs: cahier ou chapelet. Mais au Burkina, ces doléances ont été très précisément recensées : elles sont au nombre de 57, réparties « en 5 grands axes » note Fasozine: « il s’agit de l’amélioration du pouvoir d’achat et des conditions de vie et de travail, de l’éducation et de la santé, des libertés démocratiques et syndicales, de l’impunité et de l’assainissement de la gestion de la chose publique ainsi que des revendications en faveur des acteurs du secteur informel et des paysans ».

Des revendications tous azimuts. MaisLe Pays s'interroge : « quelle suite le pouvoir en place donnera t-il à cette kyrielle de revendications ». Et le quotidien de se permettre un petit conseil au chef de l'Etat, Roch Marc Christian Kaboré: « dans ce Burkina post-insurrectionnel, il ne fait pas bon d’engager un bras de fer avec les syndicats qui (...) ont joué un rôle déterminant dans la chute du régime de Blaise Compaoré ». Une adresse au chef de l'Etat donc mais une mise en garde aussi aux syndicats : « c’est utopique de croire que le gouvernement peut trouver ici et maintenant des solutions magiques à tous les 57 points » estime le journal pour qui la solution est donc la négociation.

Le dialogue, un concept prôné aussi par le président sénégalais : c'est ce que relève Walfquotidien, à Dakar. Comme à Abidjan ou à Ouagadougou, les syndicats sénégalais se sont rendus hier après-midi au palais présidentiel pour déposer - là encore - un « cahier de doléances ». En réponse, relève le quotidien, Macky Sall les a invités à « cultiver un dialogue social permanent ». Il appelle syndicats et patronat à intégrer le Haut conseil du dialogue social. Le chef de l'Etat espère ainsi « éviter des situations de crise » estime le journal.

Les ministres français et allemand des affaires étrangères en visite à Bamako.

Et c'est ce duo diplomatique qui a retenu l'attention deMaliactu.net. Le site d'information reprend les propos du chef de la diplomatie française pour qui cette visite conjointe est « symbolique » et montre « la détermination de la France et l'Allemagne à soutenir le processus de pacification et de développement en cours » mais pour qui le tandem est aussi un porte-voix. Car il ne s'agit pas que de porter une parole franco-allemande : « c'est aussi un message de l'Europe » a souligné Jean-Marc Ayrault à son arrivée à Bamako, rappelant que 15 pays européens se sont engagés au Mali. Des propos mis en exergue par Maliactu qui rappelle que le duo Ayrault-Steinmeier n'en est pas à son coup d'essai. Il s'agit là de la troisième visite conjointe des deux ministres qui se sont déjà rendus ensemble en Ukraine et en Libye.

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