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Invité Afrique

Gabon: le porte-parole du gouvernement minimise les divisions au sein du PDG

Audio 05:37
Alain-Claude Bilie Bi Nzé.
Alain-Claude Bilie Bi Nzé. https://www.facebook.com/BilieByNze

Le Parti démocratique gabonais (PDG), est-il en train de perdre ses piliers ou vit-il simplement une nouvelle mue ? La question se pose avec une acuité particulière ces derniers jours avec de nouveaux départs de barons du parti. Mardi 3 mai, nous avons pu entendre l’analyse du sociologue gabonais Anaclet Bissiolo. Ce jeudi 5 mai, RFI vous propose le regard d’un de ceux qui ont choisi de rester au sein du PDG, il s'agit d'Alain-Claude Bilie Bi Nzé, membre du bureau politique du parti et par ailleurs porte-parole du gouvernement gabonais.

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RFI : Le Parti démocratique gabonais (PDG) a vu le départ officiel d’anciens barons qui ont constitué leur propre parti politique, le Rassemblement Héritage et Modernité. L’ancien président d’ l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, sera le candidat de ce nouveau parti à la prochaine présidentielle. Un membre du Conseil national, Alfred Nguia Banda, a lui aussi décidé de créer sa propre formation, le Rassemblement républicain et socialiste. Est-ce que tout de même votre parti, le parti de l’ancien président Bongo, n’est pas en train de se vider petit à petit de sa substance ?

Claude Bilie Bi Nzé : D’abord la première chose, c’est que ce sont des intentions de création de partis. Parce que créer un parti politique au Gabon, il faut quand même remplir un certain nombre de critères. Il faut réunir 9 000 signatures à travers les neuf provinces du Gabon. Il faut maintenant qu’ils remplissent les conditions prévues par la loi, une loi qu’ils ont bien entendu votée eux-mêmes. La seconde chose, c’est que depuis 1990, le Parti démocratique gabonais a connu plusieurs départs. Entre 90 et 93 Omar Bongo, ce sont des contingents entiers qui sont partis pour créer des partis d’opposition. Je pense à monsieur Divungui, je pense à monsieur Philippe Nzengue Mayila, je pense à monsieur Lemboumba Lepandou, je pense à beaucoup d’autres qui sont partis et qui ont quitté Omar Bongo. Et Omar Bongo a affronté en 1993 douze de ses anciens compagnons parmi lesquels d’anciens ministres.

Donc vous voulez dire que le Parti démocratique gabonais peut surmonter de tels départs ?

Le parti démocratique gabonais non seulement sait gérer ce genre de départs, mais ce sont des départs qui permettent un vrai renouvellement de l’élite du Parti démocratique gabonais, parce que pendant qu’on parle de ceux qui s’en vont, on ne parle pas suffisamment de ceux qui rentrent au sein du Parti démocratique gabonais. Il y a un mois, quinze partis de l’opposition ont décidé de soutenir la candidature d’Ali Bongo Ondimba. L’UPG [Union du Peuple Gabonais ; Ndlr], le parti de Pierre Mamboundou, a décidé de soutenir la candidature d’Ali Bongo Ondimba.

Vous disiez que ces barons qui ont quitté le PDG ne font que manifester une volonté de créer un parti politique. Est-ce que vous avez des raisons de douter de leur volonté ou de leur capacité à aller jusqu’au bout de ce processus de création d’un nouveau parti ?

Nous nous interrogeons sur notre capacité réelle à mobiliser. D’autant plus et permettez-moi l’expression, nous avons observé depuis un temps que ce sont les mêmes acteurs qui vont assister à toutes les réunions. Ils vont de meeting en meeting et c’est ce qu’on appelle chez nous au Gabon, la « tontine ». Ils font une « tontine » de militants. Ça donne une impression de mobilisation, mais qui en réalité ne caractérise pas du tout une adhésion au parti.

Avec le départ d’hommes comme Guy Nzouba Ndama, ce sont tout de même des figures du Parti démocratique gabonais qui s’en vont ?

Guy Nzouba Ndama est député, parmi 114 députés PDG. Et donc de focaliser sur son départ, c’est quand même faire trop d’importance. Avant lui, un autre président de l’Assemblée nationale a démissionné. En 1993, monsieur Jules Bourdes Ogouliguende qui était autrement plus populaire et autrement plus percutent que monsieur Nzouba Ndama ne l’a été. Mais il est parti, d’autres vont le remplacer. Et c’est ainsi le cycle de la vie.

Le sociologue Anaclet Bissiolo a estimé sur notre antenne que ces départs conduisaient à une division du PDG sur le terrain, dans les régions. Est-ce que c’est également le constat que vous faites ?

Le Parti démocratique gabonais, ce sont des députés, ce sont des sénateurs, ce sont des membres du bureau politique. Le Parti démocratique gabonais aujourd’hui, c’est à peu près 175 000 militants répertoriés, dont 74 000 ont adhéré au parti depuis 2009, depuis l’arrivée d’Ali Bongo Ondimba. Et donc à partir de cet instant-là, on ne peut pas imaginer que parce qu’un président de l’Assemblée est parti, le parti en serait tout d’un coup fragilisé ou scindé. Il n’est pas scindé. D’ailleurs, il nous annonçait le départ de 70 députés. A ce jour, il y en a 9 ou 10 qui sont partis, et non pas les 70 qu’il annonçait.

Concernant l’explication de ces départs de barons du PDF, comment est-ce que vous l’expliquez. Qu’est-ce qui fait que des gens, comme Guy Nzouba Ndama, s’en vont par exemple du PDG ou d’autres ?

Nous, ce que nous constatons, contrairement à ce que votre interlocuteur monsieur Anaclet Bissiolo a dit, si monsieur Nzouba Ndama s’en va, ce n’est pas parce qu’Ali Bongo se serait montré on va dire ingrat ou non reconnaissant. Monsieur Guy Nzouba Ndama a été reconduit par la volonté d’Ali Bongo, président de l’Assemblée nationale en 2012. Et donc, il attend quasiment la fin de son mandat pour s’en aller. Guy Nzouba Ndama a géré à l’Assemblée nationale des budgets plutôt conséquents qui étaient plus importants que les budgets alloués au département de la Santé au Gabon. Il les a gérés pour 120 députés. Au moment où la crise a frappé notre pays et que chacun est appelé à faire des efforts, il a été demandé à l’Assemblée nationale de réduire son train de vie, ce que n’a pas supporté Monsieur Nzouba Ndama. Le reste n’est que fanfaronnade. Mais il n’y a aujourd’hui aucun élément objectif qui peut justifier ce départ en dehors d’une volonté d’être lui-même président, mais les Gabonais en jugeront.

A vous entendre, on a le sentiment tout de même que si ces personnes s’en vont, c’est uniquement de leur faute et qu’aucune erreur n’a été commise par le président Ali Bongo. Quelle est l’autocritique que vous faites par rapport à ces départs de barons du PDG ?

Mais des erreurs ont certes été commises, mais qu’ont-ils fait pour corriger ces erreurs ? Je rappelle quand même que nous avons là des députés qui ont voté tous les budgets qui ont été présentés à l’Assemblée nationale. Nous avons Monsieur Nzouba qui n’a pas arrêté tout au long du mandat, sept ans, à chanter les louanges d’Ali Bongo Odimba. Jusqu’il y a deux mois encore, il vantait le bilan d’Ali Bongo Ondimba. Donc, si des erreurs ont été commises, ils avaient au sein du Parti ou au sein des institutions des espaces pour aider à corriger ces erreurs. Qu’ont-ils fait pour aider à corriger les erreurs ? 

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