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Chronique des matières premières

Pétrole libyen : l'espoir d'un meilleur contrôle du trafic

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La raffinerie de Zawia, à l'ouest de Tripoli en Libye.
La raffinerie de Zawia, à l'ouest de Tripoli en Libye. ©REUTERS/Ismail Zitouny

Une bonne nouvelle pour les nouvelles autorités d'union nationale en Libye. Les sanctions internationales ont contraint le navire Distaya Ameya, chargé de pétrole exporté illégalement, à rebrousser chemin et à rendre sa cargaison. Les autorités espèrent que cette histoire constituera un précédent et qu'elle les aidera à mieux contrôler le trafic des abondantes ressources pétrolières du pays.

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C’est la fin de l’aventure du Distya Ameya. La compagnie publique pétrolière libyenne, la National oil corporation, a annoncé que la cargaison du tanker indien était reconduite en Libye. Les armateurs n'avaient pas vraiment le choix : Son nom ayant été ajouté à la liste des navires sanctionnés par l'ONU pour exportation illégale, il était devenu interdit de ravitailler le Distaya Ameya ou de l'autoriser à faire escale dans un port.

Le président de la National oil corporation, qui a fait allégeance au gouvernement d’union nationale, veut y voir un symbole. Cette affaire a permis de lancer, selon lui, « Un avertissement clair à tous les propriétaires de navires et aux compagnies de trading ». « En tant que nation unique, a-t-il déclaré dans un communiqué, nous devons nous mettre d'accord sur le fait que notre pétrole ne soit pas divisé, car cela conduirait notre pays lui-même à être divisé ».

De fait, le partage des ressources pétrolières est depuis le début de la crise l’un des sujets d’affrontement entre groupes armés libyens. Le gâteau est conséquent : la production s’élèverait à 1,5 million de barils par jour si elle revenait à son seul niveau de 2012. Le groupe Etat islamique, notamment, a attaqué à plusieurs reprises des installations pétrolières ces deux dernières années, mais les experts des Nations unies sur la Libye estiment que les djihadistes n'ont réussi à prendre le contrôle d’aucun site.

Si le contrôle du pétrole libyen est l’un des enjeux du conflit, son exploitation a également énormément souffert des affrontements. Selon le président de la compagnie pétrolière libyenne, près de 75 millions de dollars ont été perdus au cours des trois dernières années en raison des blocages créés par les milices dans les ports pétroliers et sur les pipelines. « Nous pourrions doubler notre production et nos revenus nationaux en quelques mois si ces entraves étaient levées », a indiqué Mustafa Sanalla dans un communiqué récent.

Les experts de l'ONU, eux, craignent que les milices n'obtiennent des ressources considérables avec le contrôle des installations pétrolières. Ils donnent l'exemple de la raffinerie de Zawiyah, sur la côte nord-ouest, qui est protégée par deux groupes armés. Sa production d'essence est écoulée en contrebande vers Malte grâce à un système de relais de navires et de transbordement.

 

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