C'est pas du vent

1. TAFTA et CETA : à qui profiteront ces accords de libre-échange ?

Audio 19:30
A Berlin, porte de Brandebourg, le 2 mai 2016, le public était invité à consulter les documents confidentiels révélés le jour même par l'ONG Greenpeace concernant le projet d'accord commercial transatlantique entre l'UE et les Etats-Unis.
A Berlin, porte de Brandebourg, le 2 mai 2016, le public était invité à consulter les documents confidentiels révélés le jour même par l'ONG Greenpeace concernant le projet d'accord commercial transatlantique entre l'UE et les Etats-Unis. John MACDOUGALL / AFP
22 mn

C’était un secret extrêmement bien gardé. Tellement bien gardé qu’il suscitait la méfiance tant par son contenu que par l’opacité des discussions sur son élaboration. En début de semaine, l’antenne néerlandaise de l’ONG Greenpeace a publié une série de documents sur les négociations du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, plus connu sous les noms de TAFTA ou TTIP, entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

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Une première depuis le lancement, en 2013, des négociations de ce traité de libre-échange censé doper l’activité économique, en supprimant les taxes douanières et en harmonisant les normes commerciales. Mais alors, que révèle cette fuite de documents incomplets et inaboutis ? Eh bien principalement que les divergences entre les deux parties sont encore substantielles et que l’accord est loin d’être signé. Ce qui n’empêche pas Washington et Bruxelles de vouloir accélérer les négociations. Mais surtout ces documents viennent confirmer les craintes de très nombreuses personnes opposées ou non à ce traité. Remise en cause du principe de précaution, conséquences sur l'agriculture et l'environnement, possibilité pour les entreprises de recourir à des tribunaux d’arbitrage pour contester des décisions nationales. En publiant ces documents, Greenpeace souhaitait lancer un débat public. C’est chose faite. Reste à connaître les intentions des 28 membres de l’Union européenne. François Hollande a fait savoir que la France à ce stade des négociations dirait non au TAFTA. En revanche, pas un mot sur le petit cousin du TAFTA, celui qu’on appelle le CETA, un autre accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada cette fois-ci, conclu en 2014 qui pourrait lui être adopté prochainement.

Invités:
- Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France, une association qui défend le droit des citoyens à une alimentation de qualité
- Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot
- Lora Verheecke, chargée de campagne à Corporate Europe Observatory, une association basée à Bruxelles, spécialiste des questions de lobbying sur les politiques européennes
- Alfred de Zayas, expert indépendant des Nations unies pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable.
 

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