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Le gouvernement d’Alexis Tsipras tente de débloquer l’aide à la Grèce

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Alexis Tsipras.
Alexis Tsipras. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent ce lundi 9 mai pour discuter de la Grèce. Au programme notamment, l’évaluation des réformes demandées en échange de l’aide financière. L’enjeu est important. Cet Eurogroupe va avoir lieu alors que gouvernement a fait adopter cette nuit deux textes de lois par la procédure d’urgence, sur la sécurité sociale et sur l’impôt sur le revenu.

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Cent cinquante-trois députés sur 300 ont voté pour ces projets de loi. C'est exactement le nombre de sièges que possède la majorité actuelle, entre la gauche radicale de Syriza et les souverainistes des Grecs indépendants. Ces réformes doivent permettre de faire de nouvelles économies et créer de nouvelles rentrées d'argent avec des hausses de cotisations et d'impôts. Au cœur du projet, les retraites. Les caisses seront fusionnées et les pensions les plus élevées seront diminuées.

Les retraites, un sujet sensible en Grèce

Avec la crise, c'est devenu la principale source de revenu de près d'un foyer sur deux. Particulièrement touchés par les hausses des cotisations, les agriculteurs sont particulièrement en colère. Lors d'une première phase de discussions avec le gouvernement, ils avaient bloqué les routes principales du pays pendant plusieurs semaines. Et ce week-end, une grève générale a bloqué la Grèce pendant deux jours, avec des manifestations régulières, 15 000 personnes à Athènes et à Thessalonique selon la police ce dimanche 8 mai, par exemple. Une mobilisation qu'on a connue plus massive, mais avec tout de même des affrontements à la fin.

Le gouvernement sous pression

Les lois ont été votées en procédure d'urgence, comme la plupart des réformes d'austérité en Grèce. Alexis Tsipras veut envoyer son ministre des Finances à l'Eurogroupe les mains pleines. Il espère terminer l'évaluation de ces réformes et obtenir de nouveaux versements dans le cadre de la 2e tranche d'aide du 3e mémorandum. En juillet, il doit en effet rembourser plusieurs milliards d'euros de dette. Or la dernière autorisation pour un versement de l'aide financière internationale a été donnée il y a presque cinq mois. Depuis, tout était bloqué, notamment à cause de la réforme des retraites.

Les choses se présentent plutôt bien. Même si on n'attend pas d'accord sur la poursuite des versements ce lundi, la question de la dette va enfin être abordée. C'était une demande d'Alexis Tsipras. Le Premier ministre grec a enfin obtenu gain de cause. Selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, les ministres des Finances de la zone euro vont également parler de la « manière dont on peut rendre la dette de la Grèce soutenable à long terme. »

Elle représente actuellement 180% du produit intérieur brut et elle pourrait monter à 200% d'ici la fin de l'année selon la Commission, alors que la Grèce emprunte en continu pour rembourser. Dans son discours devant le Parlement grec dimanche soir, Alexis Tsipras s'est félicité de pouvoir débuter ces négociations sur la dette, même s'il a indiqué qu'il valait mieux tout de même rester prudent. Ces derniers mois, des désaccords entre les créanciers eux-mêmes ont montré que ces discussions s'annoncent difficiles. Et l'évaluation des réformes n'est pas finie non plus. Le président de la Commission européenne a certes déclaré que « les objectifs sont pratiquement atteints ». Mais les créanciers demandent encore 3,6 milliards d'euros de mesures supplémentaires pour valider l'évaluation.

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