Revue de presse Afrique

A la Une: Katumbi devant la justice

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Déclaré le 4 mai dernier candidat à la présidentielle en RDC, Moïse Katumbi va se retrouver ce lundi devant le procureur. « Hasard ou coïncidence ?, s’interroge le site d’information Afrikarabia. Hasard certainement pas. Kinshasa continue ses tentatives d’intimidations contre l’ancien gouverneur du Katanga, possible rival du président Joseph Kabila dont il a été un fidèle allié avant de passer dans l’opposition. Dernier épisode en date, précise Afrikarabia :“l’affaire des mercenaires”. A peine sa candidature à la présidentielle dévoilée, Kinshasa accuse Katumbi d’avoir recruté des mercenaires américains pour “tenter de déstabiliser les institutions”. Quatre gardes du corps de l’ex-gouverneur, dont un américain, ont en effet récemment été interpellés par la police congolaise. Mais très rapidement, l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa a démenti les “fausses allégations” du ministre congolais de la Justice, confirmant que leur concitoyen était entré légalement en RDC. »

Et Afrikarabia de s’interroger : « Jusqu’où ces opérations d’intimidations vont-elles s’arrêter ? Certains craignent l’arrestation de Katumbi. D’autres y voient une stratégie de “blocage” et “d’affaiblissement” du candidat Katumbi qui doit se lancer dans une tournée nationale pour battre campagne. Avec les arrestations arbitraires de ses proches, les interdictions à son avion de se déplacer, les affaires judiciaires… le pouvoir tente de “neutraliser” le candidat… au risque de le renforcer et d’en faire un nouveau “martyr” de l’opposition. La stratégie est risquée, mais Joseph Kabila, qui tente de s’accrocher au pouvoir après 2016, a-t-il encore le choix ? »

Calife à la place du calife…

En effet, pour Le Pays au Burkina, Katumbi représente une sérieuse menace pour le pouvoir en place… « Tant qu’il faisait les affaires, voire le bonheur, de Kabila et ne se prenait pas à rêver d’être calife à la place du calife, l’ex-gouverneur du Katanga était un ange, pointe le quotidien burkinabè. Un ange subitement devenu démon dès lors qu’il a bruyamment claqué la porte du parti au pouvoir et décidé de croiser le fer avec Kabila sur le terrain politique. Le divorce à présent consommé, il ne fait aucun doute que pour le satrape congolais, la fin justifiera les moyens pour abattre son nouvel et redoutable adversaire déclaré. […] C’est connu, poursuit Le Pays, en RDC comme dans toutes les Républiques du Gondwana, les institutions judiciaires sont généralement des instruments aux mains des satrapes qui s’en servent à leur guise. Mais, prévient le journal, Kabila aurait tort de croire que c’est de cette façon qu’il vaincra le péril Katumbi. […] Le président congolais devrait savoir qu’à force de semer le vent, il finira, tôt ou tard, par récolter la tempête. Une tempête dont on espère, conclut Le Pays, qu’elle lessivera la République dite démocratique du Congo des excès de Kabila et de ceux de son clan. »

Kabila doit clarifier sa position

D’après le site d’information guinéen Ledjely.com, « pour le président congolais et pour tous les barons du PPRD, le parti présidentiel, c’est le caractère totalement imprévisible de Katumbi qui inquiète. A peine arrivé dans l’arène, de par son impertinence, il concentre l’attention et récolte le ralliement de plusieurs mouvements dont celui du G7, du Collectif des Nationalistes et de l’Alternance pour la République. Mais pour le pouvoir congolais, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est bien l’annonce, le 5 mai dernier, de la candidature de Moïse Katumbi. En effet, mine de rien, cette annonce met Joseph Kabila dos au mur. Alors qu’il espérait endormir tout le monde avec l’interminable dialogue politique, cette annonce exige de lui qu’il clarifie sa position. Maintenant qu’un des postulants s’est officiellement déclaré et que, de ce fait, il est en quelque sorte mis devant le fait accompli, le président Kabila devra non seulement faire en sorte de créer les conditions de tenue de l’élection, mais aussi donner sa position au sujet de son éventuelle candidature. C’est donc pour avoir ainsi chamboulé les plans du pouvoir que Moïse Katumbi focalise la colère, conclut Ledjely.com. […] Sauf que pour le moment, Katumbi ne se laisse pas impressionner. »

Se souvenir de Compaoré…

Enfin, La Nouvelle Tribune au Bénin concentre le tir sur Kabila… « Joseph Kabila gère le Congo comme sa propriété, s’exclame le quotidien béninois. Ayant accédé au pouvoir après son père, l’actuel homme fort du Congo n’a visiblement plus envie de le quitter bien que la Constitution du pays l’y oblige. Il compte jouer sur le calendrier électoral pour conduire le pays vers une impasse et si possible vers une hécatombe. Comme quoi, après lui le déluge. Seulement, prévient La Nouvelle Tribune, le fils de Laurent-Désiré Kabila doit avoir à l’esprit que la démocratie ne désire pas des monstres politiques. Dans l’histoire de son pays, celle de Mobutu, que son père a combattu, devrait l’inspirer. Et si cela lui semble lointain, il n’a qu’à se souvenir du récent renversement du puissant Blaise Compaoré par le peuple au Burkina Faso. »

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