Chronique des matières premières

La conquête de l’Est pour exploiter des terres et des matières premières russes

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Vue aérienne d'une mine d'or à ciel ouvert dans l'est de Iakoutsk, en Sibérie.
Vue aérienne d'une mine d'or à ciel ouvert dans l'est de Iakoutsk, en Sibérie. ©gettyimages/David Cumming

La Russie regorge de terres et de matières premières, surtout dans sa partie orientale. Mais elle manque en revanche d’hommes pour les exploiter. C’est pourquoi le gouvernement russe veut inciter ses citoyens à partir à la conquête de l’Est

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La Sibérie est connue pour ses immenses réserves d'hydrocarbure, de métaux précieux, de diamant, d’or, et même de forêts. Pendant l’époque soviétique, la main-d’œuvre nécessaire pour l’exploitation était fournie par les camps de prisonniers du goulag.

Mais quand les hommes ont le choix, ils préfèrent vivre à l’ouest, où le climat est plus clément, ou dans les villes. Résultat, en 20 ans, entre 1991 et 2011, l’Extrême-Orient russe a perdu 22% de ses habitants. Aujourd’hui, cette région qui constitue plus d’un tiers de la surface de la Russie, n’héberge que 5% de sa population.

Des pans entiers de foret sont exploités clandestinement par les Chinois, qui n’ont que le fleuve Amour à franchir pour arriver en Sibérie.

Le gouvernement a donc décidé d’inciter les Russes à reconquérir l’Extrême-Orient, en accordant gratuitement un hectare de terre pendant 5 ans à tout citoyen russe qui en fait la demande. A charge pour le bénéficiaire de l’exploiter, faute de quoi la terre lui sera reprise. Au bout de 5 ans, il pourra louer la parcelle ou l’acheter. La terre peut être exploitée pour l’agriculture, l’élevage, ou l’exploitation forestière. Il est interdit de la louer ou de la vendre à des étrangers. Une mesure généralement comprise comme une protection contre les appétits chinois.

Toutefois, certains font remarquer que la surface proposée est insuffisante pour une exploitation rentable. De plus, les banques risquent d’hésiter à accorder des prêts à quelqu’un qui pourra être exproprié quelques années plus tard. Enfin ces régions manquent d’infrastructures et les responsables locaux ont déjà mis en garde sur le fait qu’elles n’ont pas le budget nécessaire.

Au total, 614 millions d’hectares de terre appartenant à l’Etat seront disponibles à partir d’octobre prochain. Les autorités espèrent attirer des millions d’exploitants, comme y était parvenu le premier ministre Stolypine en 1906 à l’époque des Tsars. Mais il y avait alors un vivier de paysans pauvres qui n’existe plus. A l’époque, l’exploitation de l’Extrême-Orient avait permis d’assurer la sécurité alimentaire du pays, et même d’exporter certaines denrées agricoles.

 

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