Aujourd'hui l'économie

Un allègement de la dette grecque enfin en vue

Audio 03:17
L'été dernier, alors que la Grèce a frôlé le défaut de paiement et que la pauvreté frappait le pays, de nombreuses personnes préfèrent retirer leur argent des banques.
L'été dernier, alors que la Grèce a frôlé le défaut de paiement et que la pauvreté frappait le pays, de nombreuses personnes préfèrent retirer leur argent des banques. AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

Un allègement de la dette grecque est désormais du domaine du possible. Les créanciers l'ont évoqué pour la première fois hier à la table des négociations à Bruxelles. Ils doivent finaliser le dispositif d'ici le prochain Eurogroupe prévu le 24 mai.

Publicité

C'est encore un dispositif très limité, pas question pour le moment d'effacer d'un trait une partie de la dette grecque. Cela reste inacceptable pour monsieur Schaüble, le ministre allemand des Finances. Mais les Européens ont fini par briser le tabou qui bloquait toute avancée en envisageant sérieusement des aménagements sur les remboursements. Car maintenant à peu près tous reconnaissent que la spirale de la dette grecque est insoutenable et contre-productive. Cette dette représente aujourd'hui 180 % du produit intérieur brut du pays, et ce fardeau va plomber les comptes grecs pendant des décennies encore. La Grèce parviendra à rentrer dans les clous de la zone euro en 2060 dans le meilleur des cas, avec une dette qui pèsera alors 60 % de son produit intérieur brut. Mais le scénario le plus pessimiste évoque un endettement à cette même date équivalant à 260 % du PIB.

Le Fonds monétaire international est le plus ardent défenseur d'un assouplissement des remboursements

Ce partenaire rude en affaires dont Alexis Tsipras rêve de se passer est curieusement son meilleur allié sur cette question. Contrairement à leurs collègues d'Eurostat, les économistes du FMI préfèrent demander moins d'efforts budgétaires à Athènes tout en se montrant intraitables sur la mise en place des réformes et le respect des engagements pris. Le plus ardent défenseur de l'effacement demeure un créancier intransigeant sur les remboursements.

Pourquoi faut-il un accord d'ici au 24 mai ?

Les Vingt-Huit ont beaucoup d'autres sujets de préoccupation : peut-être la sortie de l'Union du Royaume-Uni, on sera fixé le 23 juin à l'issue du référendum britannique. Et peut-être une nouvelle crise migratoire à affronter cet été. C'est pourquoi ils aimeraient en finir au plus vite, et une bonne fois pour toutes avec le cas grec. Et surtout éviter la répétition du drame de l'été dernier quand une nouvelle fois la Grèce a frôlé le défaut de paiement. Le versement de la prochaine tranche d'aide européenne en juillet est en bonne voie, puisque les Grecs viennent d'adopter une nouvelle réforme douloureuse des retraites représentant des économies de 5 milliards d'euros. Mais cette trajectoire est encore instable, en raison du mécontentement populaire, et de la fragilité de l'économie. Les Grecs sont contraints par l'austérité depuis 6 ans, et ils ne voient toujours pas le bout du tunnel ; le chômage concerne encore un actif sur 4.

Quelle est l'ampleur de l'allègement envisagé ?

Il représentera environ 2 % du produit intérieur brut de la Grèce. Les remboursements seront diminués, étalés dans le temps, et les taux d'intérêt plafonnés. Si un accord est trouvé le 24 mai prochain, il entrera en vigueur seulement en 2018, quand la Grèce sera sortie du programme de sauvetage mis en place l'été dernier au plus fort de la crise. Cette perspective est donc encore lointaine, mais elle a déjà produit son petit effet sur le marché. Ce matin, la Bourse d'Athènes a ouvert en forte hausse tandis que le rendement des obligations d'Etat reculait.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail