Accéder au contenu principal
Bonjour l'Europe

Les «Hackers patriotes» ukrainiens dénoncent les journalistes «pro-russes»

Audio 02:29
Des journalistes de l'AFP à l'aéroport de Donetsk, en Ukraine, en septembre 2014.
Des journalistes de l'AFP à l'aéroport de Donetsk, en Ukraine, en septembre 2014. AFP PHOTO/PHILIPPE DESMAZES
6 mn

Cette semaine, un scandale a éclaté en Ukraine alors que des hackers, des pirates de l’internet, qui se qualifient de « patriotes », ont publié la liste intégrale des journalistes ayant travaillé dans les territoires séparatistes pro-russes de Donetsk et de Lougansk. Des révélations qui ont causé une forte émotion dans la capitale ukrainienne.

Publicité

avec notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan

Un blog est apparu lundi soir sur le web ukrainien. Un site sur lequel est publié un fichier qui a été hacké, c’est à dire subtilisé dans les ordinateurs de la République auto-proclamée de Donetsk. Dans ce fichier, on peut lire les noms d’environ 4 500 journalistes, des Ukrainiens et beaucoup d’étrangers, qui ont tous reçu ces deux dernières années une accréditation de la part des séparatistes, c’est à dire un laisser-passer pour pouvoir travailler dans la zone pro-russe.

L’auteur du blog n’y va pas par quatre chemins : il accuse les journalistes d’être des « agents de la propagande du Kremlin » ainsi que des collaborateurs d’organisations terroristes.

La diffusion de ce fichier est grave

Il s’agit d’un jeu très dangereux car les auteurs de cet acte malveillant cherchent à intimider les journalistes. Les pirates ukrainiens ont mis en pâture des milliers de noms, d’adresses mail et de numéros de téléphone, en faisant des cibles de représailles potentielles et d’ailleurs plusieurs journalistes ont déjà reçu des menaces.

Depuis deux ans, l’Ukraine, la Russie et les milices séparatistes du Donbass se livrent à une guerre idéologique sans merci, et dans leur travail, les journalistes ont besoin de passer du temps régulièrement des deux côtés de la ligne de front.

C’est pour cette raison qu'un système d’accréditations existe : des bouts de papier qui permettent aux reporters de circuler dans la zone de guerre, de s’identifier et d’éviter d’être pris pour cibles par des hommes armés. Sans pour autant que cela signifie une subordination à un camp ou à l’autre.

La publicité de ce blog a été assurée directement par un membre du gouvernement ukrainien

Ce blog serait peut-être resté dans l’ombre s’il n’avait pas été relayé par un certain Anton Gerashchenko. Ce n’est pas n’importe qui en Ukraine, c’est un député proche de l’ancien Premier ministre Iatseniouk et surtout, le principal conseiller du ministre de l’Intérieur.

Ce politicien, que l’on sait proche des services secrets, a pris la défense des hackers. Il a relayé la liste des journalistes sur sa page Facebook, forte de 160 000 lecteurs, et surtout il a appelé à rétablir un contrôle strict de l’activité des journalistes dans le pays, ce qui serait un grave retour en arrière sur le plan des acquis démocratiques.

Deux ans après la révolution de Maïdan, une partie des élites ukrainiennes semble avoir oublié les idéaux de progrès pour renouer avec des méthodes dignes de l’époque soviétique.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.