Aujourd'hui l'économie

Canada: l’impact économique des incendies de forêt

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L'incendie s'étend sur une superficie de 850 km² autour de la ville de Fort McMurray, dans l'Alberta (Canada), le 3 mai 2016.
L'incendie s'étend sur une superficie de 850 km² autour de la ville de Fort McMurray, dans l'Alberta (Canada), le 3 mai 2016. Terry Reith/CBC News/Handout

Les gigantesques feux de forêt qui font rage depuis une semaine dans la province d’Alberta au Canada auront un impact économique important. Plus de 200 000 hectares de forêt ont été dévastés et des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées. 

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La production pétrolière est le secteur le plus touché par ces incendies. Certaines compagnies ont suspendu leur production, d’autres l'ont ralentie. On estime à plus d’un million de barils par jour la diminution du volume produit, soit le tiers de la production régionale. Cela veut dire des dizaines de millions de dollars de pertes par jour.

La province de l’Alberta, très riche en hydrocarbures, souffre déjà depuis deux ans de la chute des cours du brut. Elle a perdu 40 000 emplois directs et le chômage atteint désormais 7,2%, deux fois son niveau d’avant la crise. La chute de la production aura aussi un impact sur les entreprises de sous-traitance qui travaillent avec les compagnies pétrolières, comme les entreprises d’entretien. Elle va se répercuter également au-delà des frontières, car la majorité de la production est exportée vers les raffineries américaines. En revanche, il n’y aura pas de conséquences immédiates sur les prix à la pompe pour les Canadiens et il n'y aura pas non plus de pénuries d’essence. Le Canada est un gros exportateur de brut et dispose donc de beaucoup de réserves.

On a parlé de la province de l'Alberta, mais est-ce qu’il y aura un impact sur toute l’économie canadienne ?

Certainement. L'Alberta fournit 80% du pétrole canadien et ses sables bitumineux constituent la troisième réserve de pétrole brut du monde. Le secteur énergétique représente 10% du produit intérieur brut du Canada. A cela s’ajoutent les dépenses de l’Etat pour les sinistrés. Le gouvernement provincial a déjà débloqué en urgence 68 millions d’euros pour répondre aux premières nécessités des personnes évacuées. Il faudra ensuite les loger et les nourrir. Ces personnes mettront des semaines et des mois avant de rentrer.

Si 90% de la ville de Fort McMurray est sauvée, d'importants travaux sont à prévoir sur les infrastructures avant d'envisager un retour des premiers habitants. Vu la crise qui touche la province, il n’est pas sûr que tous voudront rentrent chez eux. Une partie cherchera du travail ailleurs.

Il y a des économistes qui estiment que la croissance canadienne sera probablement nulle au cours de ce trimestre au lieu de 1,5% prévue auparavant. A court terme, l’économie locale va plonger et le chômage va grimper. A moyen et long terme, on pourrait espérer que la reconstruction stimulera l’économie de la région, mais nous n’y sommes pas encore.

S’il est encore tôt pour évaluer le coût des dégâts, on sait déjà que la note risque d’être salée pour les assureurs

Oui, les premières estimations parlent d’une facture à environ 6 500 millions d'euros voire plus, un record pour une catastrophe naturelle au Canada. Et ce n’est pas rien. Il faut reconstruire 2 400 bâtiments détruits dans la ville de Fort McMurray. Cela pourrait aussi augmenter le prix des assurances dans certaines régions du pays, proches des forets. Car, avec le réchauffement climatique, les experts s'attendent à ce qu’il ait deux fois plus de feux de forêt dans les 50 prochaines années au Canada.

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