Chronique des matières premières

La Grèce lance la construction du gazoduc TAP, rival des projets russes

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Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras  lance officiellement  la construction du Gazoduc « Transadriatic Pipeline » Grèce et l'Albanie pour rejoindre l'Italie et fournir à l'Europe du gaz d'Azerbaïdjan .
Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras lance officiellement la construction du Gazoduc « Transadriatic Pipeline » Grèce et l'Albanie pour rejoindre l'Italie et fournir à l'Europe du gaz d'Azerbaïdjan . ©REUTERS/Alkis Konstantinidis

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras lance aujourd'hui, mardi 17 mai, à Thessalonique, la construction du gazoduc TAP, le « Transadriatic Pipeline », qui devrait fournir en 2020 du gaz d'Azerbaïdjan à l'Union européenne. Mais la Russie n'a pas renoncé à ses propres routes du gaz vers le sud de l'Europe.

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Premier coup de pioche vers une plus grande indépendance gazière de l'Europe vis-à-vis de la Russie : le TAP ou « Transadriatic pipeline » est lancé à Thessalonique, il traversera la Grèce et l'Albanie pour rejoindre l'Italie et fournir à l'Europe du gaz d'Azerbaïdjan qui aura préalablement traversé la Turquie -par un autre gazoduc transanatolien, en construction. La date pour le lancement du TAP n'est pas choisie au hasard, les travaux devaient commencer avant la fin du mois de mai et se terminer avant la fin de l'année 2020 pour que le gaz russe n'ait pas le droit d'emprunter ce nouveau tuyau !

L'exclusivité sera laissée aux opérateurs privés actuels, dont la compagnie britannique BP, qui développe le champ gazier Shah Deniz dans le Caucase, c'est donc du gaz azéri qui circulera jusqu'en 2045 pour les 10 premiers milliards de m3 annuels du projet. Si le gazoduc TAP est terminé à temps, l'objectif de la Commission européenne sera atteint : rendre l'Europe moins dépendante du gaz russe.

Mais la Russie n'a pas dit son dernier mot. Après avoir renoncé à son projet concurrent « South Stream », qui ne respectait pas la réglementation européenne, Moscou s'était tournée vers la Turquie pour réaliser le gazoduc « Turkish Stream », mais c'était avant qu'un avion russe ne soit abattu par l'armée turque. Aujourd'hui Gazprom semble vouloir faire renaître « South Stream », sous une forme plus modeste.

Et c'est là que la Grèce joue peut-être sur les deux tableaux - Alexis Tsipras lance officiellement la construction du gazoduc TAP, cher à Bruxelles ; mais dans dix jours le Premier ministre grec recevra Vladimir Poutine : la Russie veut aider la Grèce dans ses privatisations, mais elle veut aussi relancer un projet d'interconnexion du gaz entre la Grèce et l'Italie. La course contre la montre des routes gazières n'est donc pas terminée.

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