Revue de presse Afrique

A la Une: la levée de l’embargo sur les armes en Libye

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« La communauté internationale décide de passer à la vitesse supérieure », s’exclame le site d’information Sahel Intelligence. « L’accord obtenu hier à Vienne pour la levée de l’embargo de l’ONU sur les armes à la Libye marque un tournant dans la position de la Communauté internationale, qui semble enfin décidée à désamorcer la bombe libyenne sans toutefois prendre le risque d’une intervention militaire directe. […] La priorité, précise Sahel Intelligence, est de doter le nouvel exécutif d’armements qualitatifs en mesure d’inverser à son avantage l’équilibre militaire en Libye. Le gouvernement dirigé par Fayez al-Sarraj et soutenu par la communauté internationale, vient en effet de mettre sur pied une nouvelle force armée baptisée Garde présidentielle. Ce gouvernement d’union demeure toutefois confronté à un double défi, relève encore Sahel Intelligence. D’un côté, l’organisation terroriste de l’organisation Etat islamique, qui occupe la ville stratégique de Syrte, et qui tente d’étendre son contrôle sur d’autres régions stratégiques. De l’autre, le général controversé Khalifa Haftar dont les forces contrôlent l’Est de la Libye, et qui continue de défier le gouvernement d’union soutenu par la communauté internationale. C’est pour affronter ce double péril que les pays réunis à Vienne – Etats-Unis, Russie, Chine, France, notamment –, ont décidé de passer à la vitesse supérieure en Libye. »

 
Vraie offensive…

« Enfin, une bonne nouvelle dans la lutte contre l’EI ! », estime, pour sa part, le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « La communauté internationale a décidé de frapper fort. Bridée longtemps par les querelles byzantines entre les orphelins de Kadhafi, elle a tergiversé dans sa lutte contre l’organisation Etat islamique, lequel a profité de la situation kafkaïenne pour tenter de tracer les sillons de son califat en Afrique. En décidant de soutenir à bras-le corps, donc, politiquement et militairement, le gouvernement d’union nationale, le cénacle de Vienne lance une vraie offensive contre l’EI. Reste que, tout comme Boko Haram, l’option militaire seule ne suffit pas, tempère Aujourd’hui. Il faudra que la Libye post-Kadhafi retrouve sa plénitude étatique, et que les différentes tribus que le Guide avait réussi à agglomérer dans une paix durable, puissent retrouver cette osmose. Qui plus est, la fin de la guerre et le partage équitable de la manne pétrolière paraissent être les linéaments de cette possible réconciliation et retour à la paix. »

Attention à l’utilisation de ces armes, lance de son côté Guinée Conakry infos.  « Parallèlement à cette “générosité militaire”, il faudra impérativement surveiller avec tous les moyens de renseignements terrestres et aériens, les forces rebelles, pour que cette levée d’embargo ne soit pas une passoire qui serve à n’importe qui et n’importe comment !, estime le site guinéen. Car, si jamais ces armes sont détournées de leurs objectifs de guerre, alors Daech consolidera ses acquis et défiera de manière redoutable les forces gouvernementales, puis aggravera sérieusement la catastrophique situation libyenne, provoquée en grande partie par le manque de vision de Nicolas Sarkozy, l’ancien président français. »

La bataille sera longue !

En tout cas, même avec de nouvelles armes et équipements, la bataille sera longue pour le gouvernement d’al-Sarraj… C’est ce que souligne El Watan en Algérie, car, écrit-il, « le pouvoir réel du gouvernement d’al Sarraj n’évolue pas sur le terrain. Il est réduit, selon les observateurs, à Tripoli et à Misrata, à 200 km vers l’est. La mainmise de Daech, début mai, sur le croisement de Bougrine, à 100 km à l’est de Misrata et menant vers le Sud, a ébranlé davantage l’image du gouvernement al Sarraj et revu à la baisse le potentiel militaire présumé de Misrata. Dix jours après cette attaque, Daech continue à faire la loi dans les six localités occupées. […] Deux autres indices datant de ces derniers jours renforcent le constat de précarité du processus de transition en cours en Libye et du faible impact de l’Onu sur le terrain, relève encore El Watan : il y a, d’une part, le refus de l’homme fort de l’Est libyen, le général Khalifa Haftar, de recevoir l’envoyé spécial de l’Onu, Martin Kobler ; et, d’autre part, le conseil militaire de la ville de Zentane, à 160 km au sud-ouest de Tripoli, qui a refusé de rencontrer le général italien Paolo Serra, expert militaire de la délégation de l’Onu en Libye. »
On le voit, les armes seules ne suffiront pas pour unifier la Libye.

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