Chronique des matières premières

Le semencier américain Monsanto convoité par le chimiste allemand Bayer

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Monsanto, le numéro un mondial des semences, est convoité.
Monsanto, le numéro un mondial des semences, est convoité. REUTERS/Brendan McDermid/File Photo

Le géant allemand de la chimie Bayer veut faire main basse sur Monsanto, le champion américain des semences OGM, très affaibli.

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Monsanto, le numéro un mondial des semences, est convoité par le chimiste allemand Bayer. Le géant américain des OGM est devenu une proie, alors qu'il y a quelques mois c'était lui qui tentait de racheter ses concurrents en Europe. Mais Monsanto a perdu un tiers de sa valeur boursière en un an, attaqué de toutes parts. Ses ventes de semences de maïs et de soja transgéniques ont plongé aux Etats-Unis et au Brésil : les agriculteurs dépensent moins depuis la chute des ours des céréales.

Les OGM sont aussi fortement remis en cause par les consommateurs, jusqu'aux Etats-Unis. Au Burkina Faso, le coton BT de Monsanto n'a plus du tout la cote, il n'a pas rempli ses promesses, ni en rendement, ni en qualité. En Inde, le gouvernement a imposé une baisse brutale des redevances à la firme américaine. Enfin, l'Europe menace de ne plus autoriser le produit vedette de Monsanto, le Roundup : l'herbicide à base de glyphosate est jugé cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer, dépendant de l'OMS. Même si l'Agence européenne de sécurité des aliments n'a rien trouvé à redire à ce pesticide, les pays membres de l'Union européenne sont très divisés : la France n'en veut plus, alors que l'Allemangne serait plutôt pour une nouvelle autorisation de produit fin juin.

L'OPA du géant allemand de la chimie Bayer sur Monsanto serait alors une opération gagnante. Reste qu'avec un chiffre d'affaires en baisse, les grands fabricants de semences et produits phytosanitaires doivent financer la recherche de nouveaux intrants plus écologiques et amplifier le tournant vers l'agriculture de précision. Ils doivent grossir, c'est pourquoi les rachats se succèdent. L'Américain Dupont, numéro deux des semences, a fusionné avec Dow Cheminal. Le Chinois ChemChina s'est quant à lui offert le Suisse Syngenta, géant mondial de l'agrochimie. Mais les autorités de la concurrence américaines et européennes n'ont pas encore donné leur feu vert à toutes ces opérations, elles pourraient y opposer l'argument de la sécurité alimentaire.

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