Nouvelles technologies

[Rediffusion] Des batteries en bois (pour nos smartphones en carton)

Audio 02:08
La cellulose est extraite des arbres.
La cellulose est extraite des arbres. REUTERS/Enrique Castro-Mendivil/Files

Des chercheurs suédois ont conçu un nouveau type de batterie à partir des fibres de la cellulose que l’on extrait des arbres. Souples, incassables et de grandes capacités, ces « batteries en bois » pourraient équiper de nouveaux véhicules électriques ou alimenter en énergie les futurs vêtements intelligents mais énergivores, ainsi que nos smartphones continuellement à plat.

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La téléphonie mobile porte décidément bien mal son nom. Le « sans fil » ne l’est pas vraiment, avec des appareils éternellement branchés au réseau électrique par le cordon du chargeur. Par ailleurs, il serait peut-être temps d’optimiser le rendement du fameux lithium de nos batteries, dont les ressources naturelles sur la planète sont très limitées.

Les chercheurs de l’Institut technologique de Stockholm, en Suède, ont peut-être trouvé un début de solution. La batterie qu’ils ont mise au point est conçue à partir de la cellulose provenant des arbres. Rappelons que ce composant naturel, qui constitue l’essentiel de la paroi cellulaire des végétaux, est la matière organique la plus abondante sur Terre, elle représente plus de 50 % de la biomasse.

Les plantes, afin d’assurer leur croissance, en synthétisent entre 50 et 100 milliards de tonnes par an. Une matière première qui se révèle indispensable aux industriels, permettant de produire par exemple du papier, des fibres textiles synthétiques et toute sorte de matériaux utiles et divers. Utilisée dans le secteur alimentaire en tant qu'additif, la cellulose intéresse également les chercheurs comme source de carburant éternellement renouvelable.

Pour réaliser leur « batterie en bois », les scientifiques suédois ont d’abord broyé des fibres de cellulose, en réduisant ainsi leur taille un million de fois. Ils ont congelé et lyophilisé ensuite cette poudre, puis stabilisé le produit obtenu afin de fabriquer une substance compacte à la fois résistante, légère et souple qui ressemble à la mousse d’un matelas. Une « encre électronique » tapisse la surface et l’intérieur de cet aérogel poreux, elle sert de support aux composants de la batterie en multipliant ses capacités énergétiques.

Les scientifiques affirment que leur dispositif pourrait facilement équiper des véhicules électriques. Sous la forme de feuillets intégrés aux textiles, le système servirait à alimenter en énergie nos futurs vêtements connectés, ainsi que nos gadgets électroniques nomades. Il ne reste plus qu’à inventer maintenant des smartphones en carton, équipés avec des « batteries en bois » suédoises.

Des piles électriques à base de cellulose qui seront capables, est-il besoin de le préciser, de stocker les énergies renouvelables que produiront en masse, peut-être un jour, les éoliennes, les panneaux solaires ou les centrales hydroélectriques. Mais ça, c’est une autre histoire.

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