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Invité Afrique soir

Erythrée: «le moyen du totalitarisme c'est la terreur»

Audio 06:14
Des réfugiés érythréens dans un camp à Kassala, dans l'est du Soudan, non loin de la frontière, le 22 octobre 2015.
Des réfugiés érythréens dans un camp à Kassala, dans l'est du Soudan, non loin de la frontière, le 22 octobre 2015. AFP PHOTO / ASHRAF SHAZLY

L’Érythrée a célébré ce mardi 24 mai 2016, les 25 ans de son indépendance, mais le pays d’Issayas Afewerki connait depuis quelques années déjà un exode massif de sa jeunesse. Selon les Nations unies, ce sont 5 000 personnes qui le quittaient chaque mois, l’an dernier. Franck Gouery, maître de conférence à Sciences Po, co-auteur aux presses universitaires de France d’un ouvrage intitulé : Érythrée, un naufrage totalitaire est avec nous pour nous en parler. Il nous donne la première explication de cet exode massif.

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« La première explication de cet exode c’est que le peuple érythréen vit un drame et ce drame il porte un nom que l’on a bien connu en Europe, c’est le totalitarisme. Il est impossible d’avoir une vie normale dans ce pays : l’Etat est partout et puis il menace chaque citoyen. Pas seulement, les opposants politiques mais chacun. Politisés ou non, on a un service national à durée indéterminée, indéfini et sous-payé donc l’espoir n’existe pas dans ce pays.  Par ailleurs, il y a des tortures, des arrestations la nuit, l’évaporation comme dans le roman 1984, c’est-à-dire que vos proches disparaissent et vous n’avez plus aucune nouvelle. Tout le monde est donc menacé dans ce pays. Il n’y a pas de secteur privé, pas d’initiative, la pauvreté est implacable et donc, logiquement l’espoir est antérieur à la frontière.

De très nombreux Érythréens le fuient : 300 000 en 10 ans, de 2003 à 2013, c’est-à-dire 10% à peu près de la population..(...) A la frontière, le pouvoir applique une politique de 'shoot to kill', c'est-à-dire que celui qui essaie de s'enfuir du pays risque sa vie, tout simplement en franchissant la frontière. (...).  La guerre est un alibi commode pour la tyrannie et la psychologie de guerre est nécessaire au totalitarisme... ».

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