Aujourd'hui l'économie

Le G7 met en garde contre les dangers du Brexit

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Les participants du G7 au Japon, dont au premier plan le premier ministre japonais Shinzo Abe et le président des Etats-Unis Barack Obama.
Les participants du G7 au Japon, dont au premier plan le premier ministre japonais Shinzo Abe et le président des Etats-Unis Barack Obama. Reuters/路透社

Déjà fragile, la croissance mondiale pourrait souffrir encore plus si les Britanniques venaient à quitter l'union européenne, préviennent les dirigeants du G7 réunis ce vendredi en sommet au Japon.

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A un mois du référendum britannique sur le maintien ou la sortie de l'Union européenne, le G7 nous rappelle les risques que ce Brexit fait courir à toute la planète. Jusqu'à maintenant on a beaucoup parlé de son potentiel dévastateur pour l'économie du Royaume-Uni, comme si cette décision resterait sans effet sur le reste du monde. Mais les partenaires commerciaux du royaume réalisent qu'ils n'en sortiront pas indemnes.

De la zone euro à l'Afrique en passant par l'Inde ou les Etats-Unis, tous les pays qui échangent avec le royaume redoutent d'y laisser des plumes. La note sera particulièrement salée sur le continent européen puisque des tarifs douaniers vont réapparaitre, sans parler des frais supplémentaires occasionnés par le retour de procédures administratives aux frontières.

L'Irlande, les Pays-Bas et la Belgique sont en première ligne d'après le cabinet Euler Hermès.

Les premiers voisins de la Grande-Bretagne sont les plus exposés. L'Irlande pourrait perdre plus d'un point de Produit intérieur brut car le Royaume-Uni est son principal client après les Etats-Unis. Le Brexit pourrait avoir un effet récessif momentané sur l'économie britannique, et par conséquent il entrainera une baisse de ses importations au détriment de tous les fournisseurs du Royaume-Uni. Avec un retentissement très fort aux Pays-Bas et en Belgique, car ce sont des plaques tournantes du commerce mondial.

En valeur l'Allemagne sera la plus grande perdante, elle manquera plus de 6 milliards d'euros de ventes dans l'année qui suit. Essentiellement dans le secteur des machines et de l'équipement automobile. Mais étant donné sa bonne santé économique, sa croissance en sera peu affectée. Enfin la France sera touchée également mais dans une moindre mesure. Il lui faudra renoncer dans l'immédiat à 2,4 milliards d'euros d'exportation. 

En quoi l'Inde et les Etats-Unis sont-ils concernés par le Brexit?

En raison de la proximité historique et linguistique, l’Inde et les Etats-Unis établissent souvent leur tête de pont dans l'Union européenne sur le sol britannique. En cas de Brexit, ils vont sans doute réviser leur plan et commencer par attendre d'y voir plus clair. Car si divorce il y a, on ne sait pas du tout comment il va se dérouler. Jean-Claude Juncker, le patron de la commission a prévenu : pas question de faire des cadeaux au partant.

La négociation pourrait être musclée et longue. Les incertitudes sur ce processus, ses conséquences juridiques auront un impact économique très important mais très difficile à quantifier. Dans le cas des Etats-Unis on s'interroge aussi sur les répercussions sur la finance car les bourses américaines et anglaises sont très interconnectées. Cette relation résistera-t-elle à une City isolée du reste de l'Europe ?

L'impact juridique du Brexit inquiète aussi les exportateurs africains.

Les produits agricoles africains bénéficient d'un tarif préférentiel au sein de l'Union européenne. Etant donné la philosophie libérale du gouvernement britannique actuel, les exportateurs agricoles africains redoutent de perdre cet avantage dans leurs échanges avec un Royaume-Uni sorti de l'Union européenne. On s'inquiète aussi en Afrique des répercussions sur l'immigration, car dans ce pays jusqu'à maintenant très ouvert, le choix du Brexit est souvent motivé par la volonté de mieux maitriser les arrivées de migrants.

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