Chronique des médias

i-Télé réduit la voilure

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Les chaînes d’information connaissent des difficultés et notamment d’i-Télé qui vient de se doter d’un nouveau directeur et envisage de remercier le quart de ses effectifs.

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C’est ce qui s’appelle une prise de fonction sans faux semblant. Mercredi, le nouveau directeur général d’iTélé, Serge Nadjar, n’a pas pris de gants quand il a annoncé que tous les contrats d’usage, à durée déterminée, comme cela se fait dans l’audiovisuel, ne seraient pas renouvelés sur la chaîne d’info du groupe Canal+. « Le renouvellement de ces contrats, a-t-il dit, se fera au cas par cas » ce qui revient à annoncer à un quart de la rédaction, soit une cinquantaine de personnes, que leur contrat ne sera pas reconduit.

Pour le nouveau patron d’iTélé, il faut faire des économies, mutualiser les dépenses avec Canal+ et enfin « s’assurer que la chaîne soit attractive pour les téléspectateurs et les annonceurs ». Un détail qui a son importance, car pour Vincent Bolloré, le propriétaire d’iTélé, il s’agit surtout de résorber des pertes de vingt millions d’euros en 2015 et qui se creusent depuis le lancement en avril de LCI en gratuit, et avant l’arrivée de la future chaîne d’info publique en septembre. Il faut donc de l’information pas trop coûteuse et de nouvelles perspectives publicitaires comme ces programmes courts sponsorisés par des marques que l’on retrouve sur BFM TV. Serge Nadjar, le directeur, était jusqu’à présent à la tête de la régie publicitaire du groupe Bolloré et de son quotidien gratuit, Direct Matin.

Est-ce que ce sera suffisant pour contrer BFM TV, qui touche deux fois plus de monde, avec près de 10 millions de téléspectateurs par jour ? C’est loin d’être sûr car on sent bien que le combat sera féroce. BFM TV entend défendre son leadership avec le soutien de son actionnaire SFR, qui l’a intégré dans son offre. Tout en cherchant à toucher le consommateur dans ses centres d’intérêt, LCI cherche à faire un pas de côté par rapport à l’actualité immédiate. Elle a recruté en ce sens Yves Calvi, l’animateur de C dans l’air sur France 5.

Le service public, de son côté, va se positionner sur le décryptage de l’information, notamment à destination des jeunes qui sont parfois désorientés sur Internet. Face à ces trois chaînes, iTélé n’est pas la mieux placée car elle ne bénéficie pas de la rédaction d’un grand groupe. Et, pour couronner le tout, Vincent Bolloré n’a pas choisi de faire appel à des professionnels reconnus mais à des fidèles, des gens de sa bande pour diriger la chaîne. Ils accepteront sans doute tout de lui, y compris de louer les bienfaits de son empire, mais ils n’ont pas la même expertise sur l’information qu’une Céline Pigalle, ancienne patron de la rédaction d’iTélé virée par Bolloré, puis recrutée au même poste chez LCI.

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