Revue de presse française

A la Une: loi Travail, du grain à moudre pour la CGT

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AFP

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La semaine qui débute demain s’annonce « décisive » pour ce conflit, estime, dans Le Journal du dimanche, un gréviste du syndicat CGT qui a participé au blocage du port du Havre, l’un des principaux points de ravitaillement des stations-service, dans le nord-ouest de la France, faisant craindre la panne sèche aux automobilistes.

Que va-t-il se passer maintenant au sujet de ce projet de loi controversé ? Selon un sondage Ifop pour ce même JDD, 46 % des Français souhaitent son retrait, contre 13 % qui souhaitent le conserver en l’état. Mais 14 % seulement pensent que le gouvernement va le retirer.

Ce qui conduit à une seconde question posée par la presse française : que va faire François Hollande ? Selon Le Journal du dimanche, le président français « veut tenir, mais le chef de l’État n’entend pas désespérer les grévistes ».

Se référant aux dires d’un « intime » du chef de l’Etat, l’hebdomadaire prête à François Hollande l’intention de demeurer « ouvert à des formes de discussion et de dialogue ». Mais « pas sur la loi elle- même », déclare cet « intime » dans le JDD.

Et de rappeler qu’à la SNCF, à la RATP, à Air France, dans l’Aviation civile, des discussions sont déjà ouvertes ; elles étaient prévues, indépendamment de la loi. Il y aura aussi bientôt l’accord définitif sur les intermittents.

Dans les ports, Alain Vidalies mène une négociation européenne sur les dockers. Et ce même proche du président d’ajouter : « La CGT sait qu’elle n’obtiendra pas le retrait de la loi, mais il faut qu’ils obtiennent des choses dans d’autres secteurs. » A suivre…

Fonctionnaires : le rapport qui fâche

Dans ce contexte tendu, cette question, qui tombe mal pour le gouvernement en pleine crise sociale en France : les fonctionnaires devront-ils travailler plus ? Question posée en Une par L’Obs.

L'hebdomadaire, qui a eu accès au rapport, le qualifie d’« explosif ». Selon le magazine, « en moyenne, les agents de l’administration française travaillent moins de 35 heures hebdomadaires » !

Etant rappelé que la durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine en France, L’Obs révèle que ce rapport devait être remis le 26 mai au gouvernement, qui l’avait commandé, mais que, « déjà confronté à la mobilisation contre la loi El Khomri »,ce dernier a préféré ajourner le rendez-vous de remise du rapport.

Ce rapport « qui fâche » et qui « fera date », car il traite d’un « sujet tabou », énonce ce journal, est « une boite de Pandore » que, depuis 1999, « personne n’avait osé ouvrir ». L’Obs l’a fait. Et le constat est édifiant. C’est « une bombe à retardement pour les finances publiques », prévient l’hebdomadaire. Tous aux abris !

Verdun : cent ans de platitudes

Aujourd’hui, c’est jour de recueillement et de mémoire pour François Hollande et Angela Merkel, qui sont ensemble à Verdun. Et pour évoquer cette journée de commémoration du centenaire de la bataille, Le Journal du dimanche trempe sa plume dans l’encrier de Marguerite Duras :

« François Hollande et Angela Merkel ont rendez-vous avec ce morceau d’histoire du monde. Pour les deux dirigeants, qui ne sont jamais venus ici officiellement, un choc. Forcément un choc. »

Mais, moins lyriquement, cet hebdomadaire souligne que le Premier ministre Manuel Valls sera absent de ces cérémonies du souvenir de la Grande Guerre et cite une « source » anonyme à Verdun, affirmant que « l’Elysée n’a pas souhaité sa venue ».

Précisons tout de même que Manuel Valls se rendra aujourd’hui dans le département de la Somme, théâtre, il y a un siècle, d’une des plus grandes boucheries de la Première Guerre mondiale.

Sous-marins : le jour ne se lève pas pour eux

L’armée, restons-y, mais la plus moderne, cette fois-ci, avec ce reportage rare à bord d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins. Rare parce que ces navires de guerre sont « top-secret ». Et pour cause, ils sont équipés de fusées nucléaires.

La Marine nationale a ouvert les coursives du Vigilant au journal Le Figaro Magazine, pour une plongée « dans les entrailles d'un monstre d'acier (…) au cœur de la dissuasion nucléaire française ».

Le Vigilant ? Une « île d'acier couleur d'obsidienne, de 138 mètres de long, qui contient en son ventre 16 missiles atomiques de nouvelle génération ». Ce sous-marin a trois frères, Le Triomphant, Le Téméraire et Le Terrible.

Sous l’eau, « la mer est la caisse de résonance d’un effrayant concert ». Ça tombe bien, « la bête a des oreilles mais pas d’yeux ». Et à bord, c’est silence absolu. Dans les coursives, des panonceaux préviennent : « Si tu claques la porte, on sera la cible ». On dirait du Robert Merle. A lire dans Le Figaro Magazine.

Football : Paris match nul

On l’a vu hier soir, lors de la finale de la Ligue des champions entre le Real Madrid et l’Atletico Madrid, la capitale espagnole abrite deux clubs au sommet de l’Europe du football. Paris ne peut en dire autant. Pour quelle raison ? C’est justement ce que lance en Une le mensuel parisien Soixante-quinze : « Pourquoi Paris n’est pas la capitale du foot ».

Pour ce nouveau journal, ça n’est plus une question, puisqu’au moyen d’un très documenté dossier, ce mystère n’en sera plus un pour ses lecteurs. Ce qui manque à Paris, c’est « d’abord l’argent », explique Soixante-quinze. En second lieu, Paris et sa région souffrent d’une « fuite des mollets ». Autrement dit, les bons joueurs parisiens poursuivent des carrières au long cours.

Manque enfin la « culture », et là, le magazine y va de ses comparaisons. « En Italie, les socialistes de l’AS Roma tiennent tête aux ultras fascistes de la Lazio », énonce ce journal, qui nous apprend ainsi qu’il existe à Rome des « ultra fascistes » (à se demander en conséquence s’il existe aussi des « pas-ultra-fascistes » dans la capitale italienne). Passons…

Mais le journal poursuit : « En Espagne, la tradition veut que les ouvriers de l’Atletico soient opposés à la classe aisée du Real Madrid. » Et là, vous saisissez pourquoi j’ai opté pour Soixante-quinze lorsqu’il s’est agi pour moi d’évoquer le match d’hier soir.

Car cette finale a vu ces bourgeois du Real terrasser les prolos de l’Atletico. Alors, pourquoi pas la même lutte métaphysique à Paris ? A se demander s’il n’y a plus que de bourgeois dans la capitale française. Ou que des prolos, et rien en face… Vive Madrid !

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