Aujourd'hui l'économie

La Corée du Sud intensifie sa présence en Afrique

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La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye au forum économique France-Corée à Paris, le 2 juin 2016.
La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye au forum économique France-Corée à Paris, le 2 juin 2016. REUTERS/Charles Platiau

Avant sa visite en France, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a effectué une tournée en Afrique, un continent où la Corée du Sud est de plus en plus présente.

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En l'espace de douze ans, ses échanges avec l'Afrique ont quadruplé. Ils pèsent maintenant plus de 22 milliards de dollars. C'est environ deux fois moins que la France, dix fois moins que la Chine, le premier partenaire du continent. Mais cette progression ultra rapide témoigne des ambitions de Séoul en Afrique. La Corée voit grand : elle voudrait parvenir à 1 000 milliards de dollars d'échange avec le continent. Une barre symbolique fixée très haut pour bien signifier aux Africains l'intérêt que leur marché suscite.

La Corée du Sud est une grande nation exportatrice, elle a même dépassé la France en 2015 pour atteindre le sixième rang mondial des pays exportateurs, sa présence en Afrique va donc de soi. La présidente Park Geun-Hye s'est rendue cette semaine dans trois pays d'Afrique de l'Est, en Éthiopie, en Ouganda et au Kenya, accompagnée d'une délégation de plus d'une centaine de chefs d'entreprise pour vendre les produits coréens et envisager des investissements sur place.

Quels types de biens sont échangés entre la Corée du Sud et l'Afrique ?

Les Coréens sont d'abord intéressés par les richesses agricoles de l'Afrique. Ils en ont besoin, car ils ne sont pas autosuffisants sur le plan alimentaire. Ils avaient un grand projet d'acquisition de terres arables à Madagascar qui a échoué en raison des résistances de la population locale. Il y a quelques jours, le président kenyan a donc rappelé à son hôte coréenne toute la gamme des denrées produites sur place : le thé, les fruits, les fleurs coupées, entre autres, que son pays pouvait vendre en Corée pour rééquilibrer la balance commerciale. Pour l'instant, cette balance penche largement en faveur de Séoul. Ici comme dans toute l'Afrique les produits électroniques et électroménagers coréens sont très appréciés par la classe moyenne émergente. Cette catégorie est le cœur de cible visé par les Sud-Coréens.

Les deux pays ont aussi parlé nucléaire.

Un protocole d'accord est à l'étude. Nairobi aimerait bénéficier de l'expertise coréenne en matière d'atome civil, car la Corée du Sud est devenue un acteur incontournable de ce marché depuis qu'elle a remporté un contrat aux Émirats arabes unis. Kepco, son opérateur sera sans doute en concurrence avec le Français Areva en Afrique du Sud où l'on attend l'appel d'offres pour la construction de réacteurs. En termes d'infrastructures, la Corée du Sud est cependant en retrait, elle ne fait pas le poids face à la Chine devenue omniprésente sur les grands chantiers du continent.

Comment la Corée du Sud est-elle perçue en Afrique ?

Comme un partenaire de plus en plus apprécié pour son aide financière et technique, son expertise en nouvelles technologies par exemple est recherchée. Le Rwanda en a bénéficié pour rénover son système éducatif. L'histoire du développement de cette ancienne colonie fascine autant qu'elle interpelle les dirigeants africains à la recherche de la recette magique pour sortir de la grande pauvreté. Dans les années 60, le produit intérieur brut par habitant était de 260 dollars en Corée, c’est-à-dire un niveau équivalent à celui du Cameroun, aujourd'hui il a été multiplié par dix, rapprochant le niveau de vie de celui des Occidentaux. La Corée du Sud dépendait de l'aide au développement au XXe, c'est aujourd'hui un pays donateur.

 

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