Invité du matin

Daniel Shek: «L’heure est venue pour une initiative régionale»

Audio 07:52
Daniel Shek, ancien ambassadeur d'Israël en France
Daniel Shek, ancien ambassadeur d'Israël en France © Creative Commons/Georges Seguin/Okki

Daniel Shek, diplomate, ancien ambassadeur d’Israël en France, était ce vendredi l’Invité du matin de RFI. Alors que se tient à Paris une conférence destinée à relancer les négociations directes de paix entre Israéliens et Palestiniens. Il répond aux questions de Frédéric Rivière. 

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L’organisation de la Conférence de paix à paris ce jour est-elle pertinente ?

« Je suppose que mon ancien collègue Pierre Vimont, diplomate chevronné, qui a la charge de la préparation de cette initiative française, s’est dit qu’il vallait mieux essayer de lancer une certaine dynamique sans la présence des deux protagonistes qui pourraient, en ce moment, gâcher le jeu. Donc on remet au prochain round la possibilité de Mahmoud Abbas et de Benjamin Netanyahu de dire non. Pour le moment on ne leurs pose même pas la question. »

« Même si je suis parfaitement d’accord avec le fait qu’on ne peut pas faire la paix sans les protagonistes, je pense que les protagonistes à eux seuls ne peuvent pas en ce moment la faire non plus. »

« On attend quelqu’un pour débloquer, pour donner une impulsion, de l’énergie à un processus de paix, est-ce que c’est forcément la France? Je ne le pense pas. »

« Cette conférence est une initiative honnête […] mais je pense que c’est l’heure pour une initiative régionale.


C’est la raison pour laquelle je vois beaucoup d’importance dans l’initiative du président égyptien Al Sissi qui a proposé de lancer quelque chose autour de l’initiative de paix arabe qui n’a pas été rejetée par Israël jusqu’à aujourd’hui - aujourd’hui vous entendez des voix, y compris celle de Benjamin Netanyahu et de son nouveau ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, qui se prononcent en faveur d’une négociation régionale - et aussi, dans le fait qu’un grand nombre de pays arabes participent à la Conférence de Paris, même si bien d’autres auraient voulu y participer mais n’ont pas été invités.
»

Hostilité des dirigeants israéliens à cette conférence française ?

Cette hostilité « est une erreur à tous les niveaux : à la fois stratégique, parce que par les temps qui court, avec un vide diplomatique qui dure depuis des années, je ne vois pas en quoi une initiative de paix, même si elle n’est pas parfaite à mes yeux, pourrait poser une menace existentielle pour Israël […]

Et deuxièmement sur le plan tactique, pourquoi porter le chapeau de celui qui va faire échouer cette initiative à laquelle, quand même, trente pays souscrivent, y compris notre grand allié les Etats-Unis ; c’est une grande erreur de la rejeter sur le champ. Mais, d’un autre côté, je tiens entre mes mains le grand titre du grand journal Yédiot Aharonot qui est le plus grand tirage des journaux israéliens et sur la première page vous voyez une grande photo des quais de la Seine inondés et un tout petit encadré, en bas à droite, sur la Conférence de Paris. Il semblerait que les israéliens, de manière générale, sont très sceptiques sur cette initiative, moi je trouve ça dommage. »

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