Aujourd'hui l'économie

Les problèmes de la SNCF et de son président

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Des grévistes de la SNCF devant le siège du Medef, le 1er juin 2016.
Des grévistes de la SNCF devant le siège du Medef, le 1er juin 2016. AFP/JEFF PACHOUD

Troisième jour de grève consécutif à la SNCF ce vendredi, pour protester contre la loi El Khomri, mais aussi et surtout pour des revendications internes.Au départ, 4 syndicats appelaient à cesser le travail. Ils ne sont plus que deux aujourd'hui. Au cœur du problème, l'organisation du temps de travail des cheminots. Pour faire face à l'ouverture de la concurrence imposée par l'Europe à partir de 2020, la SNCF a besoin d'être plus compétitive.

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Aujourd'hui, un salarié de l'entreprise publique coûte 20% de plus qu'un cheminot privé. Avec l'aval du gouvernement, la direction avait donc décidé d'assouplir l'organisation du travail pour faire des économies. Mais les discussions, commencées fin mars, n'avançaient pas.Face au blocage, pressé par l'approche de l'euro de football et alors que la contestation sociale était déjà forte en France, l'exécutif a décidé de court-circuiter les dirigeants de l'entreprise le week-end dernier ainsi que les syndicats contestataires.

Le gouvernement a repris les choses en main avec la CFDT et l'Unsa. Un projet d'accord a été trouvé. Projet qui ne remet en cause ni le statut des cheminots, ni leur régime de retraite, ni leurs salaires. Ils conserveront quasiment tous leurs acquis, et notamment le fameux 19-6. Quand un salarié est en repos, il ne peut pas terminer la veille après 19h ou commencer le lendemain avant 6 heures du matin.

Sur le papier, les syndicats ont obtenu gain de cause.

La CGT dénonce pourtant un «piège» Il faut préciser qu'en parallèle de cet accord d'entreprise, un accord de branche est en train d'être négocié pour définir un cadre social commun à la SNCF et à ses concurrents privés. Selon la CGT et Sud, l'écart entre ces deux textes, pourrait favoriser les concurrents de la SNCF et encourager le dumping social. Ils réclament donc une convention collective plus contraignante.

La dernière réunion de négociations sur l'accord d'entreprise lundi promet d'être houleuse. Si la CGT ne signe pas l'accord, il faudra le réécrire. Or l'accord actuel n'est valide que jusqu'au 1er juillet.

La réunion de lundi sera d'autant plus houleuse que les relations entre le PDG de l'entreprise, Guillaume Pépy, et le gouvernement sont très tendues.
 
Guillaume Pépy n'a pas du tout apprécié d'être écarté des négociations. Il n’approuve pas non plus le futur accord d'entreprise. Il aurait menacé de démissionner le week-end dernier. Finalement, il est resté. Il demande maintenant des compensations à l'Etat. Il exige que celui-ci prenne en charge une partie des 50 milliards d'euros de dette de la SNCF.

Le Premier ministre a promis de lui répondre très vite. Manuel Valls l'aurait convoqué avant-hier à Matignon pour le recadrer. « Il ne peut y avoir de problème entre le gouvernement et M. Pépy parce que M. Pépy ne peut pas avoir de problème avec le gouvernement », insiste ce matin, le Premier ministre dans une interview accordée à des quotidiens régionaux.

Même son de cloche du côté du secrétaire d'Etat aux Transports. Alain Vidalies a adopté un ton très ferme ce matin, sur RTL. Il a rappelé à Guillaume Pépy que le patron, ce n'est pas lui. « C'est le gouvernement qui décide. La SNCF est une entreprise publique ».

Reste que si Guillaume Pépy n'obtient pas satisfaction, il pourrait s'en aller pour de bon cette fois-ci. Ce serait un nouveau désaveu pour le gouvernement, après le départ du numéro 2 de l'entreprise, en février dernier.

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