Revue de presse Afrique

A la Une: Sénégal, le choc Karim Wade

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Le président sénégalais, Macky Sall, s’est prononcé dans ce sens sur nos antennes. Etant rappelé que le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade et qui fut ancien multi-ministre est toujours en prison, qu’il a écopé de considérables amendes et que tous ses biens ont été confisqués, la perspective de son éventuel élargissement a fait l’effet d’une bombe dans la presse africaine en général, et dans la sénégalaise en particulier.

« Le président Macky Sall serait-il en train de donner raison à ceux qui avancent l’argument selon lequel l’appel au dialogue national et l’élargissement récemment de plusieurs de ses co-accusés sont des signes avant-coureurs d’une libération de Karim Wade, se demande prudemmentWalf Quotidien ? En tout cas tout porte à le croire ». Et ce quotidien sénégalais d’estimer qu’à Dakar, on s’achemine « vers un autre protocole de Rebeuss », du nom de la prison où est incarcéré le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade.

Ce qui « obsède » le président Sall, énonce Rewmi.com, « c’est moins l’affaire Karim que les prochaines échéances électorales où, pour rien au monde, il ne souhaiterait vivre une situation de cohabitation ou de prise en otage pas ses alliés actuels ». Le journal en ligne du parti d’Idrissa Seck trouve donc que le « rêve de Macky Sall est, selon lui, de se doter d’une “vraie fausse opposition”. ». Car, prévient ce journal, « Karim n’est pas son père et il a été fortement humilié par son incarcération ».

Du côté de la société civile sénégalaise, les réactions sont vives. Réagissant à cette éventuelle libération de Karim Wade, le mouvement « Y’en a marre » dénonce un « complot », relèvent en chœur SeneNews et Senego. « Fadel Barro le coordonnateur du mouvement a énergiquement condamné l’idée d’un deal entre le pouvoir et le Pds qui pourrait déboucher sur la sortie de Karim Wade en prison, constate en effet le premier de ces sites d’informations en ligne. A en croire le compagnon de Thiat, Fou malade, etc., il s’agit purement et simplement d’un complot contre le peuple sénégalais ».

« Fadel Barro a vigoureusement dénoncé l’idée d’un deal occasionnant la sortie de Karim Wade en prison », enchérit le second. Mardi 31 mai, les co-accusés de Karim Wade, Bibo Bourgi et Samba Diass notamment, ont pu bénéficier d’une liberté conditionnelle « pour des raisons humanitaires », rappelle Senego.

Pour Xalima.com, cet éventuel élargissement de Karim Wade serait carrément une « escroquerie évidente, sans gêne » et serait l’aboutissement d’une « comédie ». Ce journal en ligne déplore ce qu’il appelle une « initiative tordue ». Et pour résumer sa pensée, Xalima.com estime que le président sénégalais a « vendu à l’opinion un emballage appelé “dialogue national” qui, une fois dépaqueté, nous livre une marchandise avariée à consommer de toute urgence ».
 
Sénégal : les calculs de Macky Sall

Et au-delà du Sénégal, comment comprendre cette annonce qui soulève cette indignation ? Macky Sall n’a probablement pas été surpris par ces cris d’orfraie. Mais il a été « contraint par la realpolitik, explique, au Burkina Faso, le journalLe Pays. Sall fait dans l’équilibrisme ». Toutefois, prévient ce quotidien ouagalais, le président sénégalais devrait prendre garde à « l’effet boomerang ». Car, sa « manœuvre », prévient Le Pays, peut être perçue comme un « deal au sommet » par les Sénégalais. « Comment en effet comprendre que le PDS, contre toute attente, ait fait volte-face pour accepter le dialogue national, s’il n’avait en sous-main l’assurance d’une contrepartie ? », se demande le confrère burkinabè, selon lequel non seulement ce « deal » pourrait faire courir à Macky Sall le risque de « déperdition non négligeable de son capital de sympathie » auprès des Sénégalais, mais, de surcroit, il pourrait n’être, je cite, qu’un « piège à cons » !

Avis divergeant du journal en ligne Le Djély.com. Selon ce site internet guinéen, cette annonce faite par Macky Sall, c’est « la paix des braves » incarnée en l’occurrence par Karim Wade, c’est la « contrepartie de l’eau que son père a finalement accepté de mettre dans son vin ». Ce qui prouve que, « même à 90 ans, Abdoulaye Wade sait encore faire parler la raison quand cela est nécessaire », souligne Le Dlély.com.

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