Aujourd'hui l'économie

Ça ira mieux en France avec l’Euro 2016 ?

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En termes de produit intérieur brut, les retombées d'un événement sportif comme l'Euro sont en général décevantes.
En termes de produit intérieur brut, les retombées d'un événement sportif comme l'Euro sont en général décevantes. REUTERS/Charles Platiau/File Photo

L'Euro 2016 qui démarre ce vendredi 10 juin en France est le troisième évènement sportif au monde après les JO d'été et la Coupe du monde du ballon rond. Les retombées économiques sont incertaines pour le pays hôte.

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Il ne faut pas trop compter sur l'Euro 2016 pour réaliser un miracle économique. En termes de produit intérieur brut, les retombées sont en général décevantes. Avant la compétition, et encore plus au moment où les pays font acte de candidature, des études optimistes promettent un impact économique positif. Et puis quand le match est fini, le résultat est la plupart du temps neutre.

Le million de visiteurs étrangers attendus en France pendant ces prochaines semaines va bien générer des recettes supplémentaires, mais il faut soustraire à ce bonus le malus provoqué par l'absence des touristes qui préfèrent éviter la France pendant la compétition. Quant au public français, son budget loisir n'est pas extensible. Ce qui est dépensé au stade ne le sera pas ailleurs. Le chiffre de 1,2 milliard d'euros de gains est donc à prendre avec beaucoup de précautions.

Pour l'UEFA qui organise cet Euro 2016, les recettes sont estimées à 1,9 milliard d'euros, nets d'impôt

C'est Nicolas Sarkozy qui a fait ce cadeau fiscal. Cela faisait partie de la négociation pour devenir l'hôte de l'évènement. C'est effectivement par l'UEFA que le maximum d'argent circule. Les recettes de l'Euro sont en progression ultra rapide et constante. En 2004, la compétition ne rapportait même pas la moitié de ce montant à l’organe européen du football.

Cette année avec 8 sélections nationales en plus, les retombées seront mécaniquement plus importantes. Les seuls droits de transmission vendus aux chaînes télé représentent déjà un milliard d'euros. Et puis l'UEFA veille à monétiser à tous les étages : même les villes qui retransmettent un match sur écran géant doivent acquitter un droit de 1 000 euros.

Pour la première fois, l'UEFA est la seule instance organisatrice, la Fédération française de foot détient 5 % de la société Euro 2016 créée pour l'évènement, et l'UEFA 95 %. Mais tout ne reste pas dans ses poches, elle doit rétribuer les équipes, les fédérations, et les clubs. C'est donc aussi une vaste opération de financement du foot européen.

Certaines villes françaises ont renoncé à accueillir des matches estimant que les contraintes étaient trop fortes

C'est le cas de Nantes qui trouve démesurées les exigences de l'UEFA. De plus en plus de villes abandonnent le projet d'accueillir de grands évènements sportifs parce que les conditions posées sont de plus en plus fortes, et les bénéfices de moins en moins sûrs et importants.

Néanmoins, pour le pays hôte de cet Euro 2016, la grande fête du ballon rond a aussi des vertus psychiques. Une compétition sportive c'est bon pour le moral. On constate que le taux de suicide baisse nettement pendant ce genre de manifestations. Après le choc des attentats, la grogne sociale, un Euro réussi permettrait de ressouder la nation France. Et quand les gens ont la pêche, ils reprennent confiance en l'avenir et ils consomment, c'est donc un bienfait pour l’économie.

Evidemment, si la France gagne, c'est encore mieux. C'est d'ailleurs le pronostic de plusieurs grandes banques étrangères, Goldmann Sachs, la banque américaine d'investissements, parie sur une victoire des Bleus.

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