Revue de presse Afrique

A la Une: RDC, l’union sacrée de l’opposition

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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A dialogue, dialogue et demi ! L’opposition congolaise accepte bien sûr le dialogue, mais pas celui convoqué par le président Kabila.

A Kinshasa, avant-même la conclusion de la conférence de Bruxelles, Radio Okapi soulignait que la majorité présidentielle « encourage » l’opposition congolaise « pour avoir approuvé la voie du dialogue ». Le secrétaire général adjoint de cette majorité « croit que les divergences qui subsistent encore à propos du dialogue finiront par être dissipées, pour que l’histoire de la RDC soit écrite par les Congolais eux-mêmes », énonçait Radio Okapi.

Mais du côté des opposants, c’est un dialogue d’un tout autre tonneau qui est manifestement exigé. Et si ça n’est pas l’union sacrée contre Kabila, dont l’opposition congolaise exige le départ le 20 décembre prochain, ça y ressemble.
Réunie près de Bruxelles afin de tenter de définir une stratégie commune face au pouvoir de Joseph Kabila, elle a donc posé un « acte d’engagements » en réussissant la gageure de s’unir sous une seule bannière, le « rassemblement ».
Gageure en effet car, comme le remarquait d’une formule teintée d’un soupçon de lassitude le quotidien ouagalais Le Pays, les opposants congolais « dorment sur la même natte, mais ils ne font jamais le même rêve ».

Et bien si ! Les opposants congolais sont parvenus à se mettre d’accord sur ce qui est considéré par ce journal burkinabè comme « l’essentiel », à savoir « faire barrage à un homme et à son clan qui ont choisi en toute conscience de brûler le pays, s’il le faut pour préserver leurs intérêts ».

RDC : le retour du vieux lion

Il faut dire que le scepticisme qui prévalait avant et pendant les quarante-huit heures de ce conclave bruxellois n’était pas sans fondement. C’est ce que se plaisait à rappeler le journal guinéen en ligne Le Djély.com. En s’interrogeant sur l’attitude d’Etienne Tshisekedi, qui va donc chapeauter le « comité des sages » de l’opposition, chargé du suivi, de la coordination et de la mise en œuvre des conclusions de cette conférence de Bruxelles.

L’opposant historique continue à entretenir un « flou » et une « confusion » qui n’augurent « rien de bon », estimait ce site Internet guinéen. Qui se demandait : « A quoi joue Etienne Tshisekedi ? Son appel en faveur de l’unité congolaise est-il de bonne foi ou bien, en service commandé, chercherait-il à amadouer la tendance radicale de l’opposition de manière à lui faire avaler le glissement électoral qu’ambitionne Joseph Kabila ? ». Une « posture » qu’avant la conclusion de la conférence de Bruxelles, Le Djély.com trouvait « très conciliante », voire « complice ».

Dans les colonnes du confrère guinéen, Edem Kodjo, chargé par l’Union africaine de conduire le dialogue inter-congolais en prenait aussi pour son grade. L’ancien Premier ministre togolais « n’inspire aucune confiance », lançait Le Djély.com, qui dénonçait le « parti pris des plus évidents » (selon lui) d’Edem Kodjo, que ce journal accuse de « faire pression sur les opposants pour que ces derniers avalisent l’argument sur l’impossibilité d’organiser les élections ».

Alors bien sûr, on attend maintenant davantage de réactions à Kinshasa, après cet « acte d’engagements » posé à Bruxelles par le « rassemblement » de l’opposition. Mais avant-même la conclusion de ce conclave, le quotidien kinois Le Potentiel saluait la performance du « vieux lion » de la politique congolaise, car « en réussissant à faire venir à Bruxelles les ténors de l’Opposition, Etienne Tshisekedi a gagné le premier round de son coup », lui qui était la « clé » de cette rencontre, lui qui « a évolué, autant dans ses méthodes que dans ses déclarations », soulignait Le Potentiel.

Côte d’Ivoire : crime ou châtiment pour Sidiki Bakaba ?

Les ennuis judiciaires de l’acteur et réalisateur Sidiki Bakaba, avec une présumée piste d’explication de cette affaire… Selon Mondafrique, l’ex-directeur du Palais de la culture d’Abidjan, qui est convoqué par la justice pour « « meurtre, menaces de mort, complicité de violences (…), atteinte à la liberté individuelle », s’est attiré les « foudres » des autorités en « tentant de se faire indemniser pour avoir occupé les fonctions d’ambassadeur itinérant pour la culture, poste accordé par Laurent Gbagbo en octobre 2010 par décret inscrit au journal officiel ». Toujours selon Mondafrique, ces mêmes autorités « ont notamment peu apprécié les courriers adressés par le réalisateur à l’Onu ou au Ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault pour réclamer son dû ».

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