Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

L’attentat d’Orlando facilité par le commerce florissant des ventes d’armes

Audio 03:20
Omar Mateen a utilisé un fusil d'assaut de type AR 15 (photo), une arme initialement destinée aux forces de l'ordre, mais aujourd'hui en vente libre depuis les années 60 aux Etats-Unis.
Omar Mateen a utilisé un fusil d'assaut de type AR 15 (photo), une arme initialement destinée aux forces de l'ordre, mais aujourd'hui en vente libre depuis les années 60 aux Etats-Unis. ©Getty Images/AFP/JOE RAEDLE

La tuerie d'Orlando pose une fois de plus la question du contrôle des armes sur le sol américain. Une question hyper sensible pour des raisons culturelles et économiques.

Publicité

Les Etats-Unis sont de loin le premier fournisseur mondial d'armes. Plus de la moitié des armes exportées dans le monde en 2015 ont été fabriquées sur le sol américain. Ce pays a manqué d'armes au moment de son indépendance, il a donc eu à coeur de construire une industrie aujourd'hui hyper puissante. Incontournable, indispensable à l'extérieur comme dans le quotidien des Américains : il y aurait aujourd'hui en circulation aux Etats-Unis plus d'une arme par habitant.

C'est-à-dire 357 millions pour 320 millions d'habitants contre 242 millions d'armes il y a 20 ans. Les ventes sont en progression constante. En décembre dernier, l'industrie américaine a réalisé son deuxième meilleur chiffre d'affaires des vingt dernières années sur son marché domestique avec un million 600 000 armes vendues.

Pourquoi une telle hausse des ventes à cette période ?

Parce que le président Obama venait de communiquer sur ses intentions de réguler ce commerce florissant. Chaque fois qu'il est question de contrôler les ventes d'armes aux Etats-Unis, ces ventes explosent. Dans la foulée, les actions des fabricants ont même flambé à Wall Street. Tous ceux qui plaident pour un contrôle accru des armes poussent les citoyens craignant des restrictions futures à en acheter toujours plus, ils sont devenus de fait les meilleurs alliés de cette industrie.

Le patron de la marque Sturm affirme même qu'une victoire d'Hillary Clinton serait un vecteur de croissance assurée pour son entreprise. Car la candidate démocrate a fait de la lutte contre les armes à feu l'une de ces priorités. Elle est devenue logiquement la femme à abattre pour la NRA, la National rifle association, le puissant lobby des armes à feu.

La NRA défend la liberté de porter une arme, un droit inscrit dans la constitution des Etats-Unis.

C'est officiellement sa raison d'être. Cette association qui défendait à l'origine la cause des chasseurs a surtout pour but de protéger les intérêts des fabricants d'armes, en général les grands absents du débat public. Avec un budget de 250 millions de dollars et des relais à tous les échelons de l'administration américaine, c'est aujourd'hui leur meilleur avocat. Ces représentants ne lésinent pas sur les effets de manche, en prenant quelques libertés avec la vérité. Ils évoquent par exemple constamment la hausse de la criminalité pour justifier le droit de porter une arme alors que toutes les études sérieuses démontrent qu'elle est en baisse depuis 40 ans.

Autre chiffre intéressant: le nombre de foyers américains déclarant détenir une arme décline, c'était un sur 2 il y a 40 ans, c'est maintenant 1 sur 3. Néanmoins, les ventes augmentent, ce qui signifie que l'arsenal détenu par un seul foyer est beaucoup plus important que par le passé.

L'auteur de la fusillade d'Orlando a utilisé un fusil d'assaut de type AR 15, c'est une arme répandue aux Etats-Unis ?

Cette arme a été mise au point aux Etats-Unis, elle est produite par une douzaine de fabricants américains et par un seul étranger, un groupe chinois. L'AR 15 c'est un symbole de l'Amérique. Cette arme était initialement destinée aux forces de l'ordre, mais elle est en vente libre depuis les années 60 aux Etats-Unis. Et c'est devenu la plus fréquemment utilisée dans les récents massacres. Omar Mateen l'a achetée tranquillement la semaine dernière.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.