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Aujourd'hui l'économie

Adidas relocalise sa production en Allemagne

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Le fabriquant de chaussure Adidas relocalise une partie de sa production en Europe.
Le fabriquant de chaussure Adidas relocalise une partie de sa production en Europe. Reuters

Est-on au commencement d'une nouvelle révolution industrielle en Europe ? Grâce aux robots, la production des chaussures Adidas revient en Allemagne après trente ans d'absence.

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Depuis quelques semaines les premières chaussures Adidas entièrement fabriquées par des robots sortent de la « Speed Factory » de Ansbach en Bavière. L'an prochain 500 000 paires de basket sortiront de cette usine flambant neuve. Et ce n'est qu'un début. L'équipementier sportif construit une autre usine entièrement robotisée aux Etats-Unis. D'autres suivront au Royaume-Uni, en France et bien sûr en Allemagne annonce le PDG. Adidas qui a entièrement délocalisée sa production en Asie dans les années 1990 revient donc en Occident. Plus près des clients. Son concurrent Nike emprunte le même chemin, tout comme d'autres groupes mondialisés qui ont fait la fortune de la Chine. C'est en travaillant pour le compte des grandes marques occidentales qu'elle est devenue la première nation industrielle au monde. 

Cette production robotisée compromet l'avenir des sous-traitants chinois du groupe allemand ?

Adidas assure que les robots ne prendront pas leur place. Les nouvelles usines serviront d'abord à augmenter la production. L'année prochaine elles ajouteront un million de paires à une production totale de 300 millions, réalisée pour le moment à la main dans une soixantaine de pays. Mais si Adidas a recours à des robots, ce n'est pas seulement pour se rapprocher de ses clients, c'est aussi bien sûr pour abaisser ses coûts : coûts de stockage, coûts de transport, et coûts salariaux ! Ils se sont envolés en Chine. Cette inflation salariale a accéléré le processus de robotisation-relocalisation. Les dirigeants chinois ont vite compris que ce mouvement pourrait conduire à la fermeture de leurs usines. Et ils s'adaptent en introduisant chez eux de plus en plus de robots. Foxconn, la première entreprise privée du pays, entre autre sous-traitant d'Apple, a annoncé il y a 5 ans qu'elle allait déployer un million de robots dans ces ateliers d'ici 2015.

Pour accompagner cette révolution, les Chinois cherchent à monter dans le capital de Kuka, le champion allemand des robots.

Kuka c'est la fierté des allemands. Une entreprise intermédiaire ultra performante qui construit les robots utilisés notamment dans l'automobile. Les Chinois ont visiblement besoin de son savoir-faire pour aller encore plus vite dans leur conversion. Car maitriser ce processus se révèle plus complexe que ce qu'ils avaient imaginé. Pour le moment les Foxbots de Foxconn se comptent par dizaines de milliers, on est loin du million promis. Quand le chinois Midea a annoncé son intention d'augmenter sa participation au capital de Kuka de 10 à 30%, cela a provoqué un vif émoi en Allemagne. L'issue de cette offre insistante est toujours en suspens. Angela Merkel actuellement en Chine a bien sûr évoqué le sujet avec ses hôtes. Les Allemands ne laisseront pas filer sans rien dire ce qui constitue leur nouvelle poule aux œufs d'or.

La robotisation en marche aura aussi des conséquences dans d'autres pays émergents.

Pour le moment les robots ont du mal à remplacer les mains agiles des couturières du Bangladesh ou de Turquie, mais ce n'est sans doute qu'une question de temps. C'est une menace pour les émergents et encore plus pour les pays pas encore entrés dans l'ère industrielle. Si leur gisement de main d'œuvre devient superflu, quelle sera la voie alternative vers le développement ?

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