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Aujourd'hui l'économie

La perspective du Brexit affole les marchés

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La peur du Brexit a fait plonger les marchés
La peur du Brexit a fait plonger les marchés Getty Images/Bloomberg/Chris Ratcliffe

Ce mercredi les marchés financiers se sont repris après une journée de panique provoquée par la perspective du Brexit. Cet accès de fièvre préfigure-t-il une débâcle financière si le royaume uni venait à quitter l'Union européenne ?

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C'est un avertissement. Ce n'est pas forcément une répétition générale, mais cela démontre à quel point ce référendum britannique est devenu un évènement pivot pour les marchés. Le décrochage brutal des places financières a suivi la publication de plusieurs sondages donnant une nette avance aux partisans du Brexit. Les investisseurs ont soudain pris conscience que ce qu'ils pensaient être une pure fiction peut devenir une réalité. Ce scénario les effraie.

C’est pourquoi ils se sont débarrassés de leurs valeurs à risque, leurs actions, pour acheter des valeurs sûres, de la dette allemande, du yen ou encore du franc suisse. Le Bund, le taux du bon allemand à dix ans est passé en dessous de 0 et le yen a culminé à un plus haut pas vu depuis trois ans. On voit bien que le Brexit peut provoquer un vrai tumulte financier avec des vagues bien au-delà de la Manche et de la mer d'Irlande. Le Japon et la Suisse qui cherchent à avoir une devise plus faible pour soutenir leurs exportations seraient les premières victimes du Brexit.

D'après les projections des experts, c'est pourtant l'économie britannique qui souffrira en cas de Brexit.

La majorité des études vont dans ce sens, elles promettent le déluge aux Britanniques, c'est pourquoi elles sont utilisées comme argument en faveur du maintien dans l'union. Cette donnée étant connue elle est pour ainsi dire anticipée, absorbée par les marchés. Mais il y a beaucoup d'autres questions aujourd'hui sans réponse et c'est pour cela que la panique gagne les marchés.

Car la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est un saut complet dans l'inconnu. On ne sait absolument rien sur les conditions du divorce, on ne sait même pas qui sera le futur capitaine du navire. David Cameron qui a convoqué ce dangereux rendez-vous aura du mal à rester au pouvoir en cas de victoire du Brexit, mais qui va le remplacer ? Nick Farage du parti souverainiste Ukip ? Jerom Corbyn le patron des travaillistes contesté dans son propre camp ? Qu'adviendra-t-il enfin de l'Europe ? Le vote britannique ne va-t-il pas marquer le début de la dissolution de l'Union ? Toutes ces incertitudes alimentent la fébrilité.

Est-ce que cela signifie qu'une crise financière est fatale en cas de Brexit?

Si rien n’est fait, oui. Mais les banques centrales feront tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter une déflagration. Elles peuvent notamment coordonner le rachat de livre sterling pour enrayer sa chute. La banque centrale européenne a déjà fait savoir qu'elle agirait de concert avec la Banque d'Angleterre pour fournir des liquidités. Enfin dans une Europe où la reprise est encore si fragile, aucun dirigeant n'ira verser de l'huile sur le feu, les Européens pourraient donc adopter un ton conciliant avec Londres pour rassurer les investisseurs. Cela suffira-t-il ?

L'un des financiers les plus détestés par les Anglais, le milliardaire Georges Soros -qui a fait fortune en pariant contre la livre en 1992, a récemment indiqué qu'il rachetait de l'or et se désengageait des actions américaines et européennes par crainte d'une nouvelle crise globale. Dans un mail il est plus précis : « Si la Grande-Bretagne sort, cela déclenchera un véritable exode, et la désintégration de l'Union européenne sera pratiquement inévitable ». De quoi avoir peur !

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