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Aujourd'hui l'économie

La grève des pilotes d’Air France exaspère d’autres syndicats

Audio 03:27
REUTERS/Philippe Wojazer

Les principaux syndicats de pilote d'Air France ont lancé un nouvel appel à la grève pour le week-end prochain. Un mouvement que les autres syndicats du groupe supportent de moins en moins.

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L'exaspération est à son comble aux Pays-Bas. Le président du syndicat néerlandais, Steven Verhagen, s'est fendu d'une lettre ouverte pour se désolidariser des revendications françaises jugées farfelues. A savoir, un rééquilibrage de l'activité entre les deux compagnies. Cette idée passe par 5 à 6 milliards d'euros de dépenses pour ajouter 27 gros porteurs à la flotte basée dans l'hexagone.

Les pilotes néerlandais de la KLM avec qui Air France est mariée depuis 13 ans ont toujours eu du mal à comprendre la stratégie jusqu'au-boutiste des Français, ils se sentent maintenant attaqués par les nouvelles exigences du bureau français du syndicat des pilotes. Des milliers de salariés ont signé une pétition contre la grève des pilotes français. Même réaction défensive de la part des pilotes de Hop, la filiale low cost d'Air France. Car eux aussi devraient, selon le SNPL, voir leur périmètre limité à ce qui est prévu par les textes. Un collectif anonyme a fait part de son mécontentement.

Le SNPL demande en fait que les contrats passés soient respectés

Sans tenir compte de l'évolution du trafic et de la situation économique. Les taxes d'aéroports sont moins importantes aux Pays-Bas qu'en France, et les pilotes bataves ont accepté plus de flexibilité. C'est pourquoi KLM a récupéré plus de vols qu'initialement prévu. En ce qui concerne Hop, la filiale a été créée pour remédier au talon d'Achille de la compagnie, les vols courts et moyens courriers sur lesquels EasyJet et Rayanair étaient en train de faire main basse.

Les salariés de Hop constatent que cette branche se porte de mieux en mieux et trouvent injuste et économiquement absurde d'entraver leur développement pour la seule satisfaction des pilotes d'Air France qui ne représentent que 10 % des effectifs de la compagnie. Aujourd'hui, c'est KLM et Transavia, une autre filiale low cost d'Air France, qui connaissent les meilleurs taux de croissance du groupe.

Les pilotes français demandent aussi des hausses de salaires

Les collègues bataves trouvent là aussi la revendication déplacée : « La compagnie va mal, souligne Steven Verhagen dans sa lettre ouverte, le modeste redressement est dû au faible prix du pétrole. La compagnie a désespérément besoin des moyens financiers pour investir dans ses futurs produits et sa croissance. Seule la croissance rentable est soutenable ». On croirait entendre l'analyse de la direction d'Air France, qui souligne que la grève ne fait que reporter la remise sur pied de la compagnie encore convalescente côté France.

Mais elle n'est de toute façon pas prête à ouvrir la négociation tant que le nouveau PDG ne sera pas en poste. Jean-Marc Janaillac prendra ses fonctions au plus tard fin juillet. On saura alors si les revendications des syndicats de pilotes d'Air France sont négociables ou non.

L’absence d'interlocuteur rend ce conflit superflu aux yeux des autres syndicats

Les syndicats des pilotes d'Air France eux ont un autre calendrier en tête: celui de l'Euro 2016. Une compétition sportive regardée dans le monde entier, rien de tel pour faire pression sur le pouvoir politique. Cette stratégie a plutôt bien réussi aux cheminots: le patron de la SNCF a été contraint par le gouvernement de céder aux revendications des grévistes.

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