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Santé: importante découverte dans la lutte contre le virus Zika?

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Le moustique «Aedes aegypti», ou moustique tigre, le même qui transmet la dengue et le Chikungunya, est responsable de la propagation du virus Zika.
Le moustique «Aedes aegypti», ou moustique tigre, le même qui transmet la dengue et le Chikungunya, est responsable de la propagation du virus Zika. REUTERS/Paulo Whitaker
Par : Alexis Rosenzweig
7 mn

Direction la République tchèque, où des chercheurs annoncent avoir fait une importante découverte dans la lutte contre le virus Zika, déjà très répandu en Amérique latine et de plus en plus dans les Caraïbes. Eclairages de notre correspondant à Prague.

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Il s’agirait d'un vrai progrès dans la compréhension du phénomène Zika, ce virus transmis par un moustique et qui peut avoir des conséquences dramatiques, notamment sur les fœtus pendant la grossesse.

Si l’on en croit les scientifiques tchèques, leur découverte pourrait être une étape majeure dans le processus de développement d’un traitement efficace contre le virus Zika. Les travaux ont été menés conjointement par plusieurs centres de recherche tchèques, dont l’Institut de parasitologie, avec la participation également de scientifiques belges, français et portugais.

Selon Daniel Ruzek, le directeur du laboratoire qui a mené ces recherches, plusieurs molécules ont été identifiées comme agissant contre le virus Zika. Il affirme que les tests, pratiqués sur des souris, ont permis de cibler « le talon d’Achille de ce virus », ce qui devrait faciliter grandement l’élaboration d’antiviraux. Daniel Ruzek prévient cependant que le processus va encore être long, qu’il ne s’agit que de premiers résultats pour permettre ensuite la conception d’un traitement efficace.

Le monde scientifique s’active dans de nombreux pays pour endiguer la progression de ce virus Zika. Comment les Tchèques ont-ils réussi à faire une découverte avant d’autres chercheurs, d’autres laboratoires ?

Plusieurs laboratoires américains, notamment, travaillent dur en ce moment pour tenter de développer un vaccin. En fait, les chercheurs tchèques se spécialisent depuis un certain temps sur les maladies transmises par les tiques, et surtout sur l’encéphalite à tiques, qui touche relativement beaucoup de monde au printemps et en été dans la région.

Quand le virus Zika est apparu et a commencé à se propager de manière inquiétante, il a vite été établi qu’il s’agissait d’un virus proche de cette encéphalite à tiques. Les institutions scientifiques tchèques se sont donc employées à tester leur méthode sur ce nouveau virus et cela semble aujourd’hui probant.

Il faut également souligner que le niveau de la recherche dans le domaine est élevé à Prague, avec une certaine tradition. Le directeur du laboratoire en question a d’ailleurs rendu un hommage appuyé au professeur tchèque Antonin Holy, dont les recherches avaient permis le développement de médicaments antirétroviraux pour le traitement du sida.

Il ne s’agit que d’une des étapes sur un long parcours pour la mise au point d’un potentiel traitement ou vaccin. Mais le temps presse, avec de plus en plus de personnes touchées par le virus Zika dans déjà une soixantaine de pays.

En général, cela peut prendre une quinzaine d’années depuis les premiers tests sur animaux jusqu’à la commercialisation d’un médicament. Mais le processus pourrait être accéléré en République tchèque, car certaines des molécules en question, identifiées par les chercheurs, sont déjà en phase de tests cliniques.

Quoi qu’il en soit, il va encore falloir beaucoup d’argent pour financer toutes ces recherches. L’Organisation mondiale de la santé vient d’estimer à 122 millions de dollars la somme nécessaire pour coordonner efficacement la lutte contre le virus Zika.

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