Revue de presse Afrique

A la Une: l’opposition fragilisée en RDC

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Encore des ennuis judiciaires pour l’opposant congolais Moïse Katumbi. « Au Congo qui se veut démocratique, harcèlement et restriction de libertés, répression et oppression se conjuguent au quotidien », s’exclame Le Potentiel à Kinshasa. Principale cible de la majorité présidentielle depuis ces derniers mois : Moïse Katumbi, l’ex-gouverneur du Katanga et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle. « Pour la majorité au pouvoir, tous les moyens sont bons, pourvu que Moïse Katumbi soit mis hors course », poursuit Le Potentiel. « L’affaire de présumés mercenaires ayant fait flop, la majorité présidentielle n’a pas tari d’imagination. Elle n’a pas trouvé mieux que d’accuser Moïse Katumbi de spoliation d’un immeuble à Lubumbashi. […] Et on le sait déjà, avance le journal, une condamnation est en vue et elle ne sera pas en faveur de Katumbi. » Et Le Potentiel de hausser le ton : « inféodée, la justice a décidé de jouer le jeu du pouvoir, hypothéquant toute son indépendance. Les irrégularités procédurales qui entourent cette affaire font craindre un fâcheux précédent judiciaire. »

L’Observateur Paalga, au Burkina, renchérit : « la question qui se pose est de savoir quel verdict sera rendu sous huitaine dans cette nouvelle affaire qui constitue un obstacle supplémentaire parmi tous ceux qui se dressent sur le chemin de Moïse Katumbi depuis qu’il a eu l’outrecuidance de lorgner le fauteuil de Joseph Kabila. […] Celui qui ne cache plus son intention de faire pousser des racines dans son fauteuil présidentiel se fait fort de créer toutes sortes d’ennuis à quiconque ose se dresser en travers de son chemin. C’est dire, conclut L’Observateur, qu’au rythme où vont les choses au pays de la rumba, le magnat de Lubumbashi n’est certainement pas au bout de ses peines. »

Dispersion…

Pour sa part, l’opposition congolaise est toujours aussi dispersée… « Fissure ! », s’exclame ainsi La Prospérité à Kinshasa. En effet, hier, relate le journal, l’Opposition républicaine que pilote Léon Kengo, le président du Sénat, est sortie du bois. L’Opposition républicaine a clairement affirmé que les discours inoculés par les deux camps, opposition et majorité présidentielle, tendaient vers le radicalisme et le fondamentalisme, au point de fragiliser la paix et la cohésion nationale. Pour ceux qui savent lire dans les lignes, poursuit La Prospérité, la sortie de Kengo et de sa plateforme vient donner un coup de massue aux autres formations de l’opposition réunies récemment à Bruxelles et montrer à la face du monde que l’opposition congolaise n’émet pas sur la même longueur d’ondes. […] D’ailleurs, souligne encore La Prospérité, « on peut bien comprendre cette position. Kengo a quelques ministres qui siègent au gouvernement. Lui-même, à la tête du Sénat, cogère avec le pouvoir. De quoi se demander s’il est vraiment dans l’opposition. »

Glaciation…

En tout cas, et on revient au Potentiel, le dialogue politique instauré par le président Kabila depuis novembre dernier est devenu, selon le quotidien kinois, « un chemin de croix : le train du dialogue national a du mal à quitter la gare. Edem Kodjo, le facilitateur togolais désigné par l’Union africaine est jusque-là loin de convaincre les parties prenantes à ce forum considéré comme une issue à la crise politique qui tenaille la RDC depuis des années. L’appréhension des uns et des autres étant différentes, la machine reste grippée. L’opposition accuse Kodjo d’être à la traine du pouvoir. Raison pour laquelle il se retrouve aujourd’hui devant un mur de glace. »

En effet, pointe le site d’information Afrikarabia, « Edem Kodjo, qui tente en vain de convaincre les opposants de s’assoir à la table de Kabila, a récemment fait le déplacement à Bruxelles pour une ultime rencontre avec Etienne Tshisekedi et le Comité des sages issu du conclave de l’opposition. Mais une nouvelle fois, le facilitateur, appelé ironiquement “complicateur” par la rue kinoise, n’a pas convaincu. Dans une ambiance glaciale, l’ancien Premier ministre togolais n’a pas réussi à soutirer la moindre liste de délégués de l’opposition en vue du comité préparatoire au dialogue. L’UDPS a de nouveau rejeté le dialogue “made in Kabila” pour se focaliser sur la résolution 2277 de l’ONU qui exige la présence de médiateurs internationaux au dialogue, mais aussi la tenue rapide d’élections libres et crédibles… ce qui est évidement loin d’être le cas. »

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