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Aujourd'hui l'économie

Les banques libanaises sous la menace de sanctions américaines

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La Blom bank, la banque libanaise de l’outre-mer  aurait appliqué au pied de la lettre la loi américaine en fermant prestement plusieurs comptes de membres du Hezbollah.
La Blom bank, la banque libanaise de l’outre-mer aurait appliqué au pied de la lettre la loi américaine en fermant prestement plusieurs comptes de membres du Hezbollah. ©AFP/PATRICK BAZ

Une nouvelle loi américaine prévoit des sanctions sévères contre les établissements financiers travaillant avec le Hezbollah. Sa mise en oeuvre a jeté un froid au Liban où le secteur bancaire est florissant.

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La Blom bank, la banque libanaise de l’outre-mer aurait appliqué au pied de la lettre la loi américaine en fermant prestement plusieurs comptes de membres du Hezbollah. Et c'est elle qui a été visée par un attentat le 12 juin dernier. Il n'y a pas eu de victimes, pas de revendication.

Mais l'évènement a semé la panique, certains y voyant une mesure de rétorsion du puissant parti chiite installé au pays du cèdre, d'autres au contraire une manoeuvre cherchant justement à le décrédibiliser. Les banques ont compris qu'elles étaient prises en étau: si elles ne répondent pas aux demandes américaines, elles risquent de perdre l'accès au dollar, ce qui équivaut à leur mise à mort, et si elles obtempèrent, elles s'exposent à des représailles compromettant leur activité. 

Cette loi américaine met vraiment en péril l'activité des banques libanaises ?

C'est le sentiment qui a dominé pendant quelques jours. On a même parlé d'atteinte à la souveraineté du Liban. Avec des menaces venant aussi d’Arabie Saoudite. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l'Arabie Saoudite bloquerait les transferts de fonds vers le Liban. L'Arabie saoudite chercherait ainsi à couper les vivres au Hezbollah engagé aux côtés de Bachar el Assad en Syrie.

Mais ces informations ont été démenties. Les transferts entre le Royaume saoudien et la République libanaise continuent. Et aujourd'hui un observateur relativise l'impact de ce Hezbollah International Financing Prevention Act-Hifpa : il s'applique aux opérations en dollars et non en livre libanaise. S'il y a eu un vent de panique, souligne l’ancien ministre libanais et aujourd’hui consultant Georges Corm, c'est surtout parce que les banques libanaises ne s'étaient pas suffisamment préparées à cette loi pourtant connue depuis plusieurs mois. Pour éviter des décisions hâtives regrettables, et un excès de zèle, la Banque centrale du Liban a mis en place un comité spécial auquel sont soumis les comptes litigieux avant toute décision de fermeture.

Au Liban le Hezbollah est un acteur incontournable de la scène politique économique et sociale

A travers les multiples œuvres de bienfaisance qu'il gère; certaines sont d'ailleurs visées par l'Hifpa. A travers aussi les salaires et traitements que l'Etat libanais verse en monnaie locale aux députés du Hezbollah. Les activités du Hezbollah sont tellement imbriquées dans le tissu libanais qu'il faut maintenant trouver des arrangements. C'est nécessaire à la survie des banques comme à la stabilité politique du pays. Les représentants de la Banque centrale et ceux du Hezbollah se parlent donc pour trouver des solutions afin de permettre à chacun de continuer ses activités tout en se conformant à la loi américaine.

Le secteur bancaire est souvent considéré comme un pilier de l'économie libanaise.

C'est un secteur prospère qui a survécu à toutes les crises. Il est aujourd'hui au mieux de sa forme. Les dépôts sont à un niveau historique. Ils sont alimentés par les transferts de la diaspora, notamment de la diaspora chiite qui a fait fortune en Afrique. Les banques par ailleurs dégagent des bénéfices substantiels grâce à leur placement de bons pères de famille dans la dette publique libanaise. Cela rapporte un intérêt de 7 à 8% par an.

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