Revue de presse Afrique

A la Une: Sénégal, Karim Wade libre

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Après avoir passé trente-huit mois sous les verrous, le fils de l’ancien président sénégalais a donc quitté la prison de Rebeuss. « Karim libre ! », lance en manchette le journal Enquête. Sur une photo de Une puisée dans des archives, Karim Wade, tout sourire, chevauche un pur-sang au galop en brandissant le poing. « En plus de Karim Meïssa Wade, Ibrahima Aboukhalil dit Bibo Bourgi et Alioune Samba Diassé ont aussi bénéficié d’une grâce présidentielle », complète Enquête.

Qui y voit « tout un symbole ! » Car Karim Meissa Wade a été libéré « 5 ans après que le peuple sénégalais a dit non au fameux ticket présidentiel. Qu’importe ! Ses militants, qui ont rallié hier son domicile du Point E, à l’annonce de son élargissement de prison, croient dur comme fer que leur mentor va reprendre la lutte pour la reconquête du pouvoir », a constaté le confrère sur place. Mais cet enthousiasme a été « douché » un peu plus tard « par l’annonce du départ de Karim Wade pour le Qatar ». Et Enquête d’ajouter que les amis de Karim Wade établis dans ce pays du Golfe « ont affrété un avion privé pour ce voyage. Une information en contradiction avec une autre fortement répandue parmi les militants faisant état d’un périple vers Touba, après une escale dans sa maison du Point E. D’où le flot continu de militants arrivant sur les lieux, malgré l’heure tardive », complète donc le journal Enquête.

Dans les colonnes duquel le coordonnateur du mouvement « Y en a marre » Fadel Barro qualifie cet élargissement de « libération politique » et déclare : « la personne de Karim Wade ne nous intéresse pas. C’est le Sénégal qui nous intéresse. […] Karim a déjà été jugé et condamné par la justice sénégalaise. […] Le tribunal a établi qu’il a de l’argent qui appartient aux Sénégalais. Cet argent doit être rapatrié […]. Cet argent doit être rendu aux Sénégalais ».

Toutefois, Karim Wade est-il ou non parti en avion, et si oui, vers quelle destination. Ce matin, la plus grande confusion régnait encore à Dakar. C’est ce que soulignait Pressafrik.com. Karim Wade est « libre mais introuvable », lançait ce journal en ligne, dont le reporter envoyé devant le domicile du fils de l’ancien président au Point E remarquait que les « Karimistes faisaient le pied de grue. Surexcités, ils attendaient […] l'arrivée de leur leader ». En tout cas, pour Pressafrik.com, « le pouvoir a assurément réussi l’effet de surprise ».

Confusion en effet, puisque, de son côté, Dakaractu.com indiquait que « Karim Wade en compagnie de Me Madické Niang et le procureur général du Qatar, était dans les airs. Le fils de Me Abdoulaye Wade a embarqué tard dans la soirée du jeudi à vendredi à bord d'un jet privé de type Bombardier Global 6000 vers une destination encore inconnue », ajoutait prudemment ce journal en ligne.

RDC : la diplomatie du portefeuille

Les Etats-Unis gèlent les avoirs du général Kanyama, chef de la police de Kinshasa, et interdisent aux Américains de faire affaire avec lui. Washington, qui lui reproche d'être impliqué dans des violences contre des civils en République démocratique du Congo, estime que, pour éviter d'organiser des élections, les autorités congolaises mettent en place un système de répression à l'approche de la fin du mandat de Joseph Kabila.

Et Le Potentiel prévient. Célestin Kanyama « n’est qu’un échantillon d’une longue liste qui inclut plusieurs personnalités du pouvoir en place ». Et, sans le développer dans le corps de son article, ce quotidien kinois affirme que, « dans la Majorité présidentielle, la peur s’installe ».

Les sanctions financières américaines ? C’est ce que Guinée Conakry Info appelle « la politique du porte-monnaie ». Et le message ainsi adressé à Kinshasa par Washington « ne fait que traduire l’exaspération du gouvernement américain, devant l’attitude entêtée du pouvoir de Kinshasa », décrypte à sa manière le journal guinéen en ligne. Qui évoque la « vaste gamme de sanctions » que l’Oncle Sam pourrait « déclencher à tout moment, malgré les protestations souverainistes du régime Kabila, pour l’empêcher d’atteindre ses objectifs politiques ».

Justement. Les protestations souverainistes de Kinshasa, le journal Le Pays, au Burkina Faso les qualifie de « puérile réaction s’il en est ! Comme d’habitude, on a ressorti le disque rayé et honteux de la souveraineté », soupire avec lassitude ce quotidien ouagalais.

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