Invité du matin

Philippe Poutou (NPA): « Au-delà de la Loi travail, il y a un ras-le-bol social »

Audio 07:39
Philippe Poutou, candidat NPA à l'élection présidentielle, le 31 mai 2016.
Philippe Poutou, candidat NPA à l'élection présidentielle, le 31 mai 2016. AFP/Nicolas Tucat
11 mn

Vincent Souriau a reçu ce vendredi Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) à l'élection présidentielle de 2017. Invité de RFI matin, il revient sur la loi Travail, le nouveau recours au 49-3 par Manuel Valls et l'échec de la motion de censure.

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« Y'en a ras-le-bol du chômage, de ces fortunes qui sont d'un côté et la misère de l'autre. Le problème est posé, il y a des choses qui doivent changer et ça passera par des combats sociaux. »

 

Sur l'Euro de football :

« Il y a une utilisation de l’Euro à des fins politiques en essayant de faire oublier les malheurs et notamment le mouvement social qui a duré 4 mois. Mais évidemment que ça ne changera rien en réalité. Il faut qu’on continue de discuter de la colère qu’il y a aujourd’hui contre la société, les injustices et les inégalités. Le football, mais le sport en général, est utilisé pour dévier. On voit bien Hollande content de la victoire d’hier, pour essayer de s’en servir. »

 

Sur la loi travail :

« Le 49.3 ne sonne pas la fin du mouvement. Les méthodes anti-démocratiques du gouvernement ont été répétées : l’utilisation par deux fois du 49.3 et les répressions policières contre les manifestants. L’opinion publique est assez largement favorable au mouvement et contre la loi travail. En faisant ce choix, le gouvernement montre qu’en étant minoritaire il est capable d’imposer sa loi. Avec l’été les manifestations ont diminué et ça va être compliqué de continuer dans l’immédiat mais beaucoup de militants sont convaincus qu’en septembre il va se passer quelque chose. »

Sur l'annulation de l'université d'été du PS :

« L’annulation de l’université d’été du PS montre à quel point, le parti craint les réactions des gens. Ca illustre la situation actuelle. Aujourd’hui, le pouvoir est isolé et mène une politique aux forceps en disant qu’il faut continuer l’austérité au nom du combat contre le chômage. Mais en fait, il s’en prend à la population. Toute la politique aujourd’hui n’est que recul social, augmentation du chômage, licenciements, démantèlement des services publics. Evidemment que cette politique se heurte à de la colère et un mécontentement. Plus ça va, plus les gouvernements seront confrontés à ça. »

Sur la mobilisation contre la loi travail :

« La mobilisation contre la loi travail s’est beaucoup jouée en dehors des syndicats avec la création de collectif de luttes. Des gens se sont retrouvés et ont essayé de mettre en place des cadres de discussion et d’organisation de la lutte. On peut espérer que ce sont des choses qui vont se multiplier. On peut penser que le climat social est en train de changer et que ce mouvement de quatre mois va laisser des traces pour longtemps. »

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