Invité du matin

JL Bruguière: «Il faut s’attendre à des évènements en dépit de tous nos efforts»

Audio 07:39
Jean-Louis Bruguière.
Jean-Louis Bruguière. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

Jean-Louis Bruguiere, ancien juge antiterroriste et ancien haut-représentant de l'UE auprès des Etats-Unis pour la lutte contre le financement du terrorisme, était ce lundi l'invité du matin de RFI. Trois jours après l’attentat de Nice, il répond aux questions de Frédéric Rivière.  

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« Tout attentat est un échec et il est évident qu’il faut tirer des leçons »

« Je ne pense pas [pour autant] qu’il soit nécessaire de prévoir toujours de nouvelles dispositions législatives : on a un arsenal législatif sur le plan répressif qui est extrêmement complet, maintenant le problème c’est sa mise en œuvre, ce sont les moyens matériels qui manquent notamment au niveau de la justice et de la police, des problèmes de méthodologie et de recentralisation. »

Mais même en la matière, « je ne suis pas certain que recréer des structures soit nécessairement la bonne méthode parce que quand on recrée des structures on recrée de la rigidité et le problème aujourd’hui c’est justement la souplesse. [Il faut réussir à] partager du renseignement en temps réel entre les différents services notamment avec nos partenaires étrangers parce qu’on est face à un ennemi extrêmement mobile qui s’adapte, qui est très réactif très opportuniste. »

« Les problèmes de l’état d’urgence c’est qu’il va falloir en sortir, ça ne peut pas être un état permanent. »

« Ce qui pose question c’est que jusqu’à présent l’Organisation de l’Etat Islamique a été extrêmement vigilant pour ne pas revendiquer des opérations qui ne peuvent pas se rattacher à elle parce qu’elle est soucieuse de sa crédibilité en matière de communication. Là, elle a peut-être pris un certain risque parce que le profil de l’intéressé peut être contreproductif : c’est quelqu’un de narcissique, qui avait une vie complétement contraire au précepte de l’Islam qui buvait de l’alcool, qui avait un comportement vis-à-vis des femmes et peut être aussi vis-à-vis des hommes qui ne correspondent pas du tout, même avec une radicalisation… Le personnage aurait été à Raqqa, il aurait probablement été arrêté peut être même décapité. »
 

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