Invité du matin

Patricia Adam: «Ce que veut Daesh c’est faire exploser nos états de droit, nos sociétés, nos démocraties»

Audio 09:22
Patricia Adam.
Patricia Adam. RFI

Patricia Adam, députée PS du Finistère, présidente de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, était ce jeudi l’Invité du matin de RFI. Présence de militaire français en Libye, réunion de la coalition anti Daesh à Washington, lutte contre la menace terroriste en France. Elle répond aux questions de Frédéric Rivière.

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Saviez-vous qu’il y avait des militaires français engagés en Libye ?

« On va auditionner le ministre de la Défense qui est à Washington en ce moment, on va l’auditionner mardi prochain, après un Conseil de Défense qui se tient lundi matin, évidemment la question lui sera posée précisément. »

« Ce que je peux dire quand même, c’est que la Commission de la Défense n’est pas ignorante sur la Libye car à chaque fois que le ministre de la Défense est venu devant la Commission il nous a parlé de sa préoccupation libyenne. »

Et « nous avons fait en sorte de posséder des éléments de renseignement pour anticiper des décisions éventuelles. »

« La France a bien sur les moyens de renforcer sa participation [dans la guerre contre l’EI en Irak] politiquement, militairement. »

« Une des décisions qui est déjà prise est que le porte-avion va se mettre en position dans la zone ce qui sous-entend des moyens aériens beaucoup plus importants mais aussi du renseignement. »

« Jusqu’à aujourd’hui, jamais la décision n’a été prise d’envoyer des hommes à terre.»

« J’insiste sur le renseignement militaire parce que ça nous permet une indépendance en matière d’intervention c’est-à-dire que nous ne nous basons pas sur ce qu’on va nous donner mais sur ce que l’on connait et que l’on peut partager. Et donc à chaque fois nos frappes sont ciblées et toutes nos frappes qui ont eu lieues jusqu’à aujourd’hui ce sont faites de manière très ciblées sur des centres soit de commandement soit d’entrainement mais à chaque fois ces informations étaient vérifier. »

Que faire des personnes fichées S ?

« La question va se poser parce que des jihadistes vont revenir […] Ils seront arrêtés immédiatement à leur retour pour être interrogés. Pour certain d’entre eux, ils vont revenir avec des familles, des femmes, des enfants, qui auront vécus des horreurs et ça on le sait, même des enfants, donc c’est une vrai question qui nous est posée. Ils sont français, il n’ont pas d’autres nationalités, aujourd’hui le gouvernement y travaille et s’y prépare. »

Bracelet électronique pour les personnes fichées S :

« Actuellement, dans le cadre de l’état d’urgence, nous avons pris déjà un certain nombre de décisions qui nous permettent véritablement de surveiller et de contrôler, c’est-à-dire : une résidence imposée et à certains moments de la journée, de se présenter au commissariat ou à la gendarmerie de leur territoire. Est-ce qu’un bracelet électronique permettrait de vérifier qu’ils ne quittent pas le territoire ? Je pense que les contraintes actuelles suffisent très largement.

Ce qu’il faut aussi rappeler c’est que nous sommes dans un Etat de droit et ce que cherche Daech c’est que nous rompions avec cet Etat de droit. »

Appel de François Hollande à rejoindre la réserve nationale :

« Je pense que c’est une bonne chose et que c’est nécessaire. »
 

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