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République tchèque: la multiplication des milices paramilitaires inquiète

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Les néo-nazis défilent avec une bannière et des drapeaux dans le centre-ville de Brno, en République tchèque le 1er mai 2015.
Les néo-nazis défilent avec une bannière et des drapeaux dans le centre-ville de Brno, en République tchèque le 1er mai 2015. RADEK MICA / AFP

En République tchèque, la multiplication des milices paramilitaires inquiète. Ces milices affirment vouloir protéger la patrie contre l'immigration massive, et surtout contre les mulsulmans.

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De notre correspondant à Prague,

■ La création des milices, une réaction à la crise migratoire

Il y a déjà eu dans le passé en République tchèque des tentatives, par des formations d’extrême-droite, de mettre en place quelques groupes paramilitaires, destinés à semer la terreur dans les quartiers à majorité tzigane, surtout.

Mais contrairement à la Slovaquie voisine, ou à la Hongrie par exemple, où les défilés de gardes néo-nazis en uniforme sont fréquents, l’extrême-droite xénophobe est restée politiquement très marginale en République tchèque.

Le phénomène a pris de l’ampleur depuis la crise migratoire, et les médias locaux parlent aujourd’hui de 2 500 personnes déjà rassemblées en quelques mois dans des dizaines d’organisations paramilitaires locales, dont plusieurs dans la capitale, Prague.

■ La République tchèque peu concerné par la vague migratoire

Seulement 415 demandes d’asile seulement cette année en République tchèque. C’est un peu paradoxal, mais cela n’empêche pas les leaders de ces milices paramilitaires de jouer sur la peur et de motiver leurs troupes pour « stopper l’arrivée de centaines de milliers de terroristes musulmans ».

Le discours est très islamophobe. Certains de ces groupes d’extrême-droite ont trouvé l’inspiration plus au Nord, en se baptisant les « Soldats d’Odin », dans la lignée de la formation du même nom fondée en Finlande l’année dernière par un néo-nazi.

Les autres milices ont parfois pris des appellations plus locales, mais elles inquiètent tout autant les autorités, surtout que de plus en plus de leurs membres auraient des permis de port d’armes. 

Dans un récent rapport, le ministère tchèque de l’Intérieur notait qu’il ne s’agissait plus seulement de recrues dans les milieux de jeunes néo-nazis, mais aussi d’hommes parfois plus âgés, déçus par l’évolution de la situation depuis la chute du communisme en 1989.

■ Les responsables politiques sont hostiles au système des quotas

Les responsables politiques tchèques, comme dans tous les pays d’Europe centrale, se sont montrés hostiles au système de quotas de réfugiés que Bruxelles tentait d’imposer. Ces groupes ne veulent pas un seul réfugié sur le sol tchèque, alors que le gouvernement a proposé d’en accepter seulement quelques centaines.

Les meneurs de ces nouvelles milices sont contre leur gouvernement, mais aussi contre l’Union européenne et contre l’Otan. En fait, ils affichent surtout leurs liens avec la Russie et avec les milices pro-russes d’Ukraine. Cela fait dire à certains commentateurs à Prague que ces mouvements paramilitaires sont en train de devenir la « cinquième colonne » de Poutine au sein de l’Union européenne.

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