Invité du matin

Olivier Maguet: «Nous attendons la même bataille sur les prix pour le traitement de l'Hépatite C que pour le Sida»

Audio 08:18
Olivier Maguet, cadre associatif de Médecins du monde, responsable de la campagne  «Le Prix de la vie»
Olivier Maguet, cadre associatif de Médecins du monde, responsable de la campagne «Le Prix de la vie» ©Facebook/Olivier Maguet

« Le Prix de la vie » est l'invité de Nathanaël Vittrant. Au lendemain de la journée mondiale de lutte contre les hépatites, il nous parle de la problématique de l'accès au médicament trop honereux en ce qui concerne l'hépatite C, en direct dans nos studios.  " > Olivier Maguet, cadre associatif de Médecins du monde, responsable de la campagne choc « Le Prix de la vie » est l'invité de Nathanaël Vittrant. Au lendemain de la journée mondiale de lutte contre les hépatites, il nous parle de la problématique de l'accès au médicament trop honereux en ce qui concerne l'hépatite C, en direct dans nos studios.  

Publicité

« On est là pour amener le gouvernement à revisiter les règles de fixation du prix du médicament. »

« L’exemple concret qui nous a amené à intervenir c’est celui de l’hépatite C. Depuis le début de l’année 2014, nous avons des traitements nouveaux qui marchent. »

« Nous sommes passé à une autre ère, aujourd’hui ce que le régulateur et l’assurance sociale rémunèrent ça serait quelque part le prix de la vie, la valeur financière d’une vie, quelques soit le coût réel d’un médicament, même s’il n’est pas très cher, on va fixer un prix extrêmement élevé qui rend la dépense insupportable pour la Sécurité sociale. Un exemple concret : la prise en charge de l’hépatite C est estimé entre 6 et 8 milliards d’euros de dépense sur un « budget-médicament » total de 28 milliards en France ! Donc effectivement ça n’est pas tenable. »

« Les comptes publics d’un des laboratoires - Gilead pour ne pas le citer, qui est un des premiers producteurs - a eu en 2014 un chiffre d’affaire de 25 milliards de dollars et un bénéfice net après impôt de 12 milliards. Vous connaissez beaucoup d’entreprises dans le secteur privé qui font 50 % de marges nettes qui sont directement redistribuées à des actionnaires? Tout cela payé par nos cotisations sociales. Donc, il y a largement la marge pour rémunérer la dizaine d’années de recherche et développement qui précèdent. »

« Ce que nous attendons de l’Etat, c’est qu’il investisse pleinement sa fonction de régulateur. »

« Le marché des produits de santé il est atypique pour deux raisons : d’abord parce que ça concerne la santé, c’est la vie, la mort, on ne parle pas de votre chemise ou d’un téléphone portable, on parle bien de médicaments, et la deuxième c’est que la solvabilité de ce marché, ce qui fait qu’il y a de l’argent pour payer les médicaments c’est vous, c’est moi, c’est nous, nos impôts, nos cotisations sociales, c’est pour cela que constitutionnellement, de par la loi, tous les pays par le biais de leurs gouvernements fixent le prix du médicament à l’issue d’un dialogue avec l’industrie pharmaceutique. »

« Aujourd’hui nous avons les outils thérapeutiques, les outils diagnostiques, les compétences techniques pour traiter les patients, c’est une question de prix, exactement la même que celle à laquelle était confronté Nelson Mandela quand il était président de la République d’Afrique du Sud. »

« Nous attendons exactement la même bataille sur les prix avec l’utilisation des génériques pour le traitement de l’hépatite C [que celle engagée en 2000 à Durban pour le Sida]. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail