Invité du matin

Béatrice Brugère: «Il faut savoir que les magistrats anti-terroristes ne sont pas formés»

Audio 08:12
Béatrice Brugère
Béatrice Brugère AFP/FRANCOIS GUILLOT

Béatrice Brugère, ancienne juge antiterroriste, secrétaire générale du syndicat des magistrats FO est l'invitée du matin d'Alexis Fricker. Elle nous parle des défis du monde judiciaire en matière de terrorisme.

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«La détention provisoire, inscrite dans le code pénal, doit être l’exception»

« La solution c’est d’augmenter de façon significative les moyens financiers et humain de la justice. C’est ce qui a commencé à être fait il y a un an et demi avec un recrutement massif et intensif de magistrats (...) mais on ne forme pas des milliers de personnels sur des claquements de doigts: pour former un magistrat au minimum, il faut trois ans donc ça prendra du temps pour rattraper un retard qui n’a pas du tout été anticipé par le politique. »

Béatrice Brugère soulève également le manque de DRH (Direction des Ressources Humaine) et spécialisation au sein de la magistrature :

« Ça manque cruellement, on manque de profilages, on manque de spécialisations dans le temps, de plans de carrière, ce qui fait en effet qu’on a des trous. Il faut savoir que les magistrats anti-terroristes ne sont pas formés; ils se forment sur le tas; ils n’ont pas de formation initiale sur le terrorisme. A mon avis c’est une faille réelle d’autant plus que la menace est grandissante. Il faudrait sans doute, dès l’école, former tous ces magistrats sur ces nouvelles menaces de façon spécifique, que ce soit la criminalité ou le terrorisme. »

En matière de prévention:

« Les centres de déradicalisation n’existent pas !»

« Le problème numéro un est d’éviter d’abord la radicalisation mais il n’y a pas de doctrine claire et les moyens ne sont pas du tout mis en œuvre. On perd beaucoup de temps ! »
 

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