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Frappes aériennes des Etats-Unis sur Syrte, l’Italie renforce sa sécurité

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Un soldat italient devant le Colisée, à Rome.
Un soldat italient devant le Colisée, à Rome. AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO

A Rome, les mesures de prévention anti-terroriste ont été sensiblement renforcées depuis le début des raids aériens menés par les Etats-Unis contre des positions du groupe Etat islamique à Syrte en Libye, une ex-colonie italienne. Le gouvernement Renzi a en effet donné son feu vert à l’utilisation, si nécessaire, de deux bases aériennes militaires : celle de Sigonella en Sicile - à 20 mn en avion de Syrte - et celle d’Aviano dans la région du Frioul-Vénétie Julienne. Ce qui pourrait exposer le pays à davantage de risques d’attaques terroristes.

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Tout d'abord, Rome se présente, en ce moment, comme une ville presque tropicale, avec des températures et un niveau d’humidité très élevés ! Ce qui rend pratiquement désertes les rues commerçantes, surtout entre 12 h et 16 h. Malgré la chaleur on note une forte affluence, à toute heure, près des sites les plus célèbres, du Colisée à la Fontaine de Trevi, sans oublier le Vatican. Donc, depuis une semaine, ces lieux, tout comme les aéroports, les gares et les établissements balnéaires du littoral romain -, sont très surveillés, y compris par des militaires. Mais on ne peut pas dire que tout apparaît « blindé ». Ce qui évite de créer un climat alarmiste.

Donc, pas de tension pour les touristes... mais, depuis ces derniers jours, on assiste en Italie à toute une série d’arrestations et d’expulsions, visant des personnes de nationalité étrangère...

La dernière opération importante s’est déroulée près de Naples le 5 août 2016. Huit hommes, de nationalité marocaine, tunisienne, algérienne et bangladaise, ont été incarcérés, car accusés d’avoir falsifié des documents officiels pour faire entrer des migrants en Europe. Le présumé chef de ce réseau, Mohamed Khemiri, tunisien âgé de 41 ans, est aussi mis en examen pour terrorisme international.

Quant aux expulsions dites « administratives » , décidées directement par le ministère de l’Intérieur, on en dénombre 107 depuis 2015 dont 40 au cours des derniers mois. Les plus récentes concernent un Pakistanais de 26 ans, arrivé dans la région de Milan en 2003 et qui était devenu capitaine de l’équipe nationale de cricket des moins de 19 ans. Radicalisé depuis l’été 2015, il a été écarté du territoire le 2 août 2016.
Le 4 août, deux Tunisiens, fichés comme « socialement dangereux », ont été reconduits dans leur pays d’origine. Et, le même jour, idem pour un Marocain de 34 ans qui vivait près de Parme depuis 2008 et qui est soupçonné d’être « en relation avec des éléments du groupe Daech. »

Concernant le risque de radicalisation des musulmans incarcérés en Italie, comment agit le gouvernement ?

Un travail de réflexion est en cours, pour rendre la prévention et les contrôles, plus efficaces. Y compris ceux des 30 imams qui ont accès à des établissements pénitentiaires, grâce à un protocole d’entente, signé en novembre 2015 entre le ministère de la Justice et l’Union des communautés islamiques d’Italie, l'Uccoi. Actuellement, près de 10 000 musulmans sont incarcérés et parmi eux 350 sont fichés avec un niveau de haut risque de radicalisation. Le syndicat autonome de la police pénitentiaire, le Sappe, le plus important du secteur, estime que l’une des priorités absolues serait d’interdire aux imams, affectés dans les prisons, de prêcher dans une autre langue que l’Italien. Pour sa part, le procureur du parquet national anti-terroriste, Franco Roberti, réclame tout aussi urgemment « une grande vigilance sur les 500 détenus âgés de moins de 18 ans ».

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