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Une troisième élection pour donner un gouvernement à l'Espagne?

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Le conservateur espagnol Mariano Rajoy ne parvient pas à former de gouvernement.
Le conservateur espagnol Mariano Rajoy ne parvient pas à former de gouvernement. REUTERS/Juan Medina

Des législatives pour la troisième fois en un an ? Ce scénario catastrophe est de plus en plus vraisemblable en Espagne. Après des législatives en décembre 2015 qui n’ont rien donné, puis de nouvelles élections le 26 juin 2016, qui ont vu la victoire trop courte des conservateurs du Parti Populaire, les principaux dirigeants ne parviennent pas à se mettre d’accord pour former un exécutif. Que se passe-t-il ?

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Une inextricable situation de blocage politique touche l'Espagne. La droite a gagné, une nouvelle fois, comme en décembre 2015, mais avec ses 137 sièges au Parlement national, elle est très loin des 176 sièges requis pour obtenir une majorité absolue et donc pour pouvoir former un gouvernement. Il faut donc une alliance avec d’autres partis et c’est là que le bât blesse. Hors de question pour les indignés de Podemos, inacceptable pour les socialistes qui disent qu’ils perdraient leur âme à s’allier à un parti, réactionnaire et corrompu. Mais acceptable à la limite pour les centristes de Ciudadanos, qui dictent cependant des conditions difficiles à assumer. La situation est donc bloquée.

Le pays ne peut pas rester éternellement sans gouvernement

C’est pour cela que les médias échafaudent des hypothèses multiples sur ce qui peut se passer dorénavant. Ce qui est acquis, c’est que seuls les conservateurs peuvent former un exécutif, car ils ont beaucoup plus de sièges que les autres. La question c’est de savoir de quel type de soutien ils vont bénéficier. les centristes de Podemos se sont rapprochés et parlent d’une centaine de mesures sur lesquelles ils pourraient s’entendre et ces centristes pourraient s’abstenir au moment de l’investiture. mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi, au minimum, pour qu’il y ait le compte, l’abstention des socialistes. Or, les socialistes sont divisés, le candidat Sanchez estime que s’il permet l’arrivée au pouvoir du conservateur Rajoy, il « insulte les valeurs de sa formation ».

Des échéances proches

L’échéance, c’est ce mois d’août 2016 : il faut que d’ici la fin du mois le roi Philippe VI, le chef de l’Etat, appelle un candidat qui forme un gouvernement et il faut que ce soit le conservateur Mariano Rajoy. Le 25 août, si ce dernier ne répond pas à l’appel et n’obtient pas sa majorité, même simple, il faudra donc convoquer de nouvelles élections pour le mois de décembre 2016. Cela voudra dire que le pays restera sans gouvernement pendant plus d’un an. Cela pose évidemment des problèmes, de lois non votées, de nominations remises à plus tard. Et surtout il y a le vote du budget en suspens. Or, Bruxelles exige des coupes claires et que ce budget austère soit voté à la mi-septembre, chose impossible s’il y a pas d’exécutif constitué. Si celui-ci n’est pas formé, l’Espagne devra payer une amende de 6 milliards d’euros. Ce qui tombe très mal pour un pays qui timidement refaisait surface sur le plan économique.

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