Revue de presse française

A la Une: Le burkini, toujours et encore

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AFP

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Les dégâts provoqués par le tremblement de terre meurtrier en Italie sont éclipsés par l’onde de choc du maillot islamique qui continue donc à parcourir l’ensemble de la presse française.

« C’est le Jour J pour l’avenir du burkini », titre Le Parisien. En effet le conseil d’Etat examine cet après-midi un arrêté municipal interdisant le burkini à la plage. Un jugement très attendu.

L’éditorialiste du Figaro Yves Thréard espère une confirmation des arrêtés : « Si la plus haute juridiction administrative donne raison aux élus concernés, il sera en principe inutile de légiférer. L’affaire aura été rondement menée. Tant mieux ». Tandis que Libération demande en une l’arrêt de la « chasse au burkini ». Libé est le seul quotidien à publier la photo d’une femme contrainte par un policier d’ôter sa liquette sur une plage de Nice. Photo qui circule en boucle sur internet et qui suscite de l’incompréhension dans le monde entier.

Dans Les Echos Cécile Cornudet estime le débat impossible. « Pro et anti burkini s’accusent réciproquement de provocation et d’intentions cachées ».

« Ne sommes-nous pas devenus fous » ? se demande Donat Vidal Revel dans Le Parisien. D’après Le Figaro, l’interdiction du burkini sème la zizanie à gauche. Entre la ligne du Premier ministre partisan d’un strict respect de la laïcité et les défenseurs de la liberté.

A la lecture des autres quotidiens on constate pourtant qu’il n’y pas que la gauche qui est divisée sur ce sujet. Si Nicolas Sarkozy dans Le Figaro Magazine estime qu’il faut mettre un terme à cette provocation, dans Le Parisien Nathalie Goulet, sénatrice centriste de l’Orne souhaite que les arrêtés anti burkini soient invalidés.

Dans Libération, le maire d’Antibes Jean Leonetti, un proche d’Alain Juppé, appelle à la sagesse de tous. « Chacun voit bien le problème : dira-t-on aux touristes saoudiennes qu’elles sont les bienvenues quand elles vont dans un magasin de luxe, mais pas quand elles descendent à la plage ? Devrais-je interdire sur le sable ce que je tolère sur le bitume ? »
 
La Croix fait sa Une sur l’offensive de l’armée turque en Syrie

Car « il s’agit probablement d’un tournant majeur dans le conflit qui déchire ce pays depuis 2011 », selon son éditorialiste Jean-Christophe Ploquin. Jusqu’ici, la Turquie, ennemi déclaré de Bachar el-Assad, se retenait d’intervenir au grand jour chez son voisin. Aujourd’hui, elle a franchi le pas, mais pour attaquer deux autres adversaires, Daech et les Kurdes.

Jean Christophe Ploquin fait remarquer « que la lutte contre l’organisation de l’Etat islamique est en outre la clé qui permet à Ankara de renouer avec son principal allié stratégique, les Etats-Unis. »

En page intérieure de La Croix, une carte de la région permet de comprendre qui contrôle quoi en Syrie, et il faut pour cela pas moins de 9 couleurs différentes pour s’y retrouver.

Le vol de données dont a été victime DCNS, le fleuron de l’industrie française de l’armement suscite questions et critiques.

Des questions dans Les Echos qui se demandent si la sécurité nationale est remise en cause par cette publication ou bien s’il s’agit d’un coup bas commercial ? Car ces fuites sur les sous-marins Scorpène tombent au mauvais moment pour DCNS qui a passé le contrat du siècle avec l’Australie pour renouveler sa flotte de sous-marin. A priori il n’y aura pas d’incidence mais ces révélations soulignent l’importance accrue de la sécurité dans la vie des entreprises, un facteur trop souvent appréhendé avec légèreté en France d’après Arnaud Le Gal des Echos.

C’est aussi la thèse développée par Libération qui estime que « l’espionnage économique est le parent pauvre du renseignement français ».
« Pour se protéger, les grandes entreprises françaises s’appuient surtout sur leurs propres services de sécurité, souvent composés d’ex-militaires ou ex-policiers qui ont gardé des contacts privilégiés dans leur maison d’origine. Un bricolage d’autant plus gênant que les principaux concurrents de la France n’hésitent pas à déployer l’artillerie lourde », écrit le quotidien en rappelant qu’aux Etats-Unis la chasse aux infos sur les contrats d’envergure passés par des sociétés françaises était une priorité c’est ce qu’on a appris à travers les Wikileaks.

Le Figaro nous parle d’une planète découverte autour de l’étoile la plus proche de nous, Proxima du Centaure. Cette découverte signalée par la revue Nature rend le journaliste Tristan Vey rêveur. « Les amateurs de science-fiction n’y croyaient plus : une planète tourne bel et bien autour de l’étoile la plus proche de nous ».

Ce monde rocheux serait « habitable ». La prudence reste de mise. On en saura plus quand le télescope européen extra large en cours de construction au Chili sera en service. C’est-à-dire en 2024. D’ici là on conserve « cet espoir un peu fou : qu’on y trouve les traces de la première vie extraterrestre ».

La rentrée littéraire est également au menu de la presse française ce matin

Chaque quotidien fait sa sélection des romans qui devraient marquer cette saison. Du fait divers à la peinture, en passant par le monde animal, le champ des thèmes explorés est très riche cette année encore avec 560 romans qui arrivent sur les tables des librairies françaises. Les Echos nous emmènent dans les librairies américaines en pleine renaissance alors qu’elles étaient données pour mortes il y a cinq ans. Leurs ventes ont augmenté de plus de 6 % au premier semestre.

Leur résurrection c’est vrai ne doit pas grand-chose à la littérature ou à la passion de la lecture, c’est « l’incroyable succès des livres de coloriage pour adultes », Il s’en est vendu 12 millions l’an dernier aux Etats-Unis, qui dope l’activité. Pour vendre des livres la chaîne Barnes & Noble, qui offre des cafés depuis une décennie, vient d’y ajouter de la bière et de la nourriture, espérant attirer ainsi des clients qui n’auraient jamais franchi le seuil d’une librairie autrement.

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