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Invité Afrique

Jean Ping: «L’alternance est inscrite dans les données du XXIe siècle»

Audio 04:21
Jean Ping, l'ancien président de la commission de l'Union africaine, a réussi à rallier à lui deux des principaux adversaires du président Ali Bongo pour la présidentielle du 27 août prochain.
Jean Ping, l'ancien président de la commission de l'Union africaine, a réussi à rallier à lui deux des principaux adversaires du président Ali Bongo pour la présidentielle du 27 août prochain. AFP / Kenzo Tribouillard
Par : Jean-Jacques Louarn
10 mn

Au Gabon, la présidentielle a lieu ce samedi 27 août 2016. Onze candidats sont en lice pour ce scrutin. Des candidats qui s’affichent comme opposants, d’autres comme indépendants. Le président sortant Ali Bongo se présente, il avait succédé à son père Omar Bongo à sa mort en 2009, après 41 ans au pouvoir. La campagne électorale a été marquée par les ralliements de Camisir Oyé Mba, Guy Nzouba Ndama et Léon-Paul Ngoulakia à l’opposant Jean Ping. Les observateurs s’attendent à un duel entre Jean Ping et Ali Bongo. La campagne s'est déroulée dans un climat tendu et a été marquée par la polémique sur la nationalité d’Ali Bongo. L’opposant gabonais Jean Ping est notre invité.

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Les désistements de Casimir Oyé Mba, de Guy Nzouba Ndama et Léon-Paul Ngoulakia suffiront-ils pour vous ouvrir les portes du palais présidentiel ?

Jean Ping : Je pense que ces ralliements sont très importants. On nous a demandé à l’intérieur du pays un candidat unique, même l’extérieur disait qu’il fallait un candidat unique. Nous avons écouté la voix de la population et nous avons constitué cette candidature unique. C’est très important vu ce que ça a donné partout. A Libreville d’abord, dès qu’on a annoncé les premiers ralliements à la place Nkembo, on nous dit qu’il y avait 85 000 hommes qui sont venus spontanément parce que nous on ne transporte pas les hommes comme le font les gens d’en face. Nous n’organisons pas le transport des électeurs. Ils viennent spontanément ou ils ne viennent pas.

Le porte-parole du président sortant, Ali Bongo, n’a pas de mot assez dur. Alain-Claude Bilie Bi Nzé parle de « marchandage d’épicier  », d' « une candidature inique » plutôt que unique ?

Ce monsieur est connu, on l’appelle le « perroquet » du palais. Donc on est habitués à ce genre de sortie. Nous, on n’a pas d’argent. L’argent est entre les mains du pouvoir, l’argent de l’Etat. Ils font leur campagne avec l’argent de l’Etat. Ils font leur campagne avec les budgets qu’ils ont accumulés depuis sept ans. Ils font leur campagne en faisant des transports de personnes. Et s’il fallait aller se faire vendre chez quelqu’un, c’est auprès d’eux. Vous comprenez que c’est ridicule.

Quand même, j’ai envie de dire que cette campagne parfois ne vole pas très haut. L’Union, le quotidien propouvoir, progouvernemental, vous traite de « chintok », faisant référence à votre père chinois. Et vous-même, vous avez traité vos adversaires de « cafards ». Le regrettez-vous ?

Non, d’abord je n’ai jamais traité mes adversaires de « cafards ». Je me suis expliqué et j’ai même porté plainte. Je n’ai jamais traité mes adversaires de « cafards ». Il y a que partout où nous passons, -  à lui, comme à moi et comme aux autres candidats -, on nous remet un balai, un balai pour nettoyer la maison en règle générale. C’est arrivé il y a un an, il le ressort maintenant pour le besoin de la cause. C’est un montage grossier. D’ailleurs, les Gabonais n’y croient pas.

Vous avez martelé qu’Ali Bongo n’est pas de nationalité gabonaise. Pensez-vous vraiment que cette polémique, - est-ce que le terme polémique vous convient ? -, aura un impact sur le vote des électeurs ?

Ce que je sais avec précision, avec exactitude, c’est que les Gabonais ne veulent plus d’Ali. Ils se disent des choses simples : nous avons 42 ans + 7, ça fait presque 50 ans de pouvoir d’un clan et d’une seule famille. Ça n’existe plus dans le monde. L’alternance est inscrite dans les données du XXIe siècle. On ne peut pas entrer au XXIe siècle à reculons. C’est ça que les Gabonais disent. Ils n’en veulent plus. Le reste, ce sont des arguments que nous utilisons parce que l’argumentaire est important et parce que nous savons ce que pense le peuple. Il y a des choses que nous ne disons même pas alors que c’est ce que le peuple veut qu’on dise. C’est important. L’article 10 dont on parle tant, il a été introduit dans la Constitution par son père. Pourquoi l’a-t-il introduit ? Nous ne savons pas. Contre qui ? Nous ne savons pas. Mais c’est un article de la Constitution de notre loi fondamentale. Il faut l’appliquer, c’est tout.

Une fois élu, Jean Ping, que feriez-vous de mieux, de différent, d’Ali Bongo ?

Tout sera radicalement différent. Nous pensons opérer une rupture totale. D’abord lorsque nous parlons de cette affaire, de 50 ans d’un clan d’une même famille, moi je ne ferai qu’un seul mandat pour donner l’exemple. Un seul mandat, comme ça c’est une rupture profonde, un seul mandat. Mais également nous allons nous atteler à résoudre le paradoxe qu’il y a entre un pays très riche qu’est le Gabon et une population immensément pauvre. C’est un paradoxe. Nous savons pourquoi et nous savons comment nous allons le résoudre.

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