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Hongrie: vague d’indignation suite à la décoration d’un journaliste extrémiste

Audio 03:34
Zsolt Bayer, un vieil ami de Viktor Orban a longtemps écrit dans le Magyar Nemzet, le quotidien ultra conservateur du parti au pouvoir.
Zsolt Bayer, un vieil ami de Viktor Orban a longtemps écrit dans le Magyar Nemzet, le quotidien ultra conservateur du parti au pouvoir. Solymári/wikimedia.org
7 mn

En Hongrie, la décoration d’un journaliste extrémiste suscite l’indignation. Le 20 août dernier, à l’occasion de la fête nationale hongroise, le journaliste Zsolt Bayer était fait chevalier de l’Ordre du mérite par le Premier ministre la République hongroise Viktor Orban. C’est l’une des plus hautes distinctions du pays. Or ce journaliste est connu pour ses écrits racistes et antisémites. Indignées, plusieurs personnalités ont rendu leur propre décoration et la liste ne fait que s’allonger…

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avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

Ils sont plus d’une centaine à avoir retourné leur décoration au président de la République, et le nombre augmente tous les jours.

Parmi ces personnalités, le cinéaste Benedek Fliegauf, primé à Locarno et à Berlin et le chef d’orchestre Adam Fischer, qui a dirigé les plus grands orchestres du monde entier, mais aussi des philosophes et des mathématiciens de renom, des doyens d’universités, des anciens dissidents… Tous se disent choqués.

Ils rendent leur Croix de l’ordre du mérite, qui ressemble un peu à la Légion d’honneur française, parce qu’ils ne veulent pas être assimilés au controversé Zsolt Bayer.

Qui est Zsolt Bayer, le journaliste récompensé ?

Zsolt Bayer, 53 ans, est un éditorialiste connu depuis plus de 20 ans pour sa rhétorique raciste.

Des plaintes ont été déposées, mais il n’a jamais été sanctionné par la justice. Il faut dire que Zsolt Bayer n’est pas n’importe qui. Vieil ami de Viktor Orban, il est l’un des fondateurs de son parti. Il a longtemps écrit dans le Magyar Nemzet, le quotidien ultra conservateur du parti au pouvoir.

Aujourd’hui, il intervient dans des médias de tendance d’extrême-droite, qui font partie de l’empire médiatique fondé par Viktor Orban.

Zsolt Bayer a une fonction : attirer les électeurs d’extrême-droite vers le parti d’Orban. Et grâce à son discours de haine, de retenir les électeurs de droite qui pourraient être tentés d’aller vers l’extrême droite.

Récompenser des propos racistes ?

L’initiative ne vient pas du pouvoir, mais de la Fondation pour la mémoire des victimes du Goulag. La vice-présidente de cette fondation, Jolan Pintér, dont la mère a passé 8 ans au Goulag en Sibérie, a expliqué qu’elle était très reconnaissante à Zsolt Bayer d’avoir écrit sur les souffrances des Hongrois déportés au Goulag par Staline. « Je ne m’occupe pas des autres écrits de monsieur Bayer », ajoute madame Pintér.

Selon l’historien Tamas Stark spécialiste de l’histoire du goulag, le journaliste n’a publié aucune recherche valable sur ce thème.

Même si l’idée ne vient pas d’elle, la droite populiste au pouvoir trouve tout à fait normal de récompenser quelqu’un qui propage des idées racistes à longueur d’année. La raison ? Ces politiciens partagent la même vision du monde selon certains observateurs.

En ce moment, le gouvernement inonde le pays d’affiches avec des slogans anti-réfugiés comme « depuis que les migrants arrivent en Europe, les violences contre les femmes ont beaucoup augmenté ». Cela fait des années que la droite d’Orban attise la xénophobie. La rhétorique du journaliste est l’arbre qui cache la forêt.

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