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Revue de presse française

A la Une: Gabon, Libreville, ville pas libre

Audio 06:47
AFP
12 mn

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Libération décrit ce matin Libreville comme étant en effet « paralysée par la peur ». Dans les colonnes du journal, un enseignant pro-Ping admet son incapacité à manifester. « Depuis la marche réprimée de mercredi, à laquelle j’ai participé, il n’y a plus de grands rassemblements, c’est impossible », dit-il à Libé. Toutefois, à la nuit tombée, « des groupes de jeunes construisent des barricades à la hâte », complète le quotidien. Mais, remarque un autre témoin, « ça ne dure pas longtemps car les forces de l’ordre, cagoulées, tirent à balles réelles ». Et puis, toujours dans Libération, cette retraitée de l’Education nationale témoigne elle aussi. « J’en ai marre », dit-elle. « Elle avait 14 ans quand Omar Bongo, mis en selle par Jacques Foccart, le monsieur Afrique du général de Gaulle, a pris les rênes du pays. […] Elle a 63 ans » aujourd’hui, précise Libération.

Gabon : le SOS de Ping

Voilà pour le décor. Sur le plan politique, c’est aussi la paralysie. Et pour évoquer la situation au Gabon, Le Figaro opte tout à la fois pour les mots « dérive » et « impasse », dans les expressions « le pays est en pleine dérive » et « le Gabon s’enfonce dans une impasse politique ». Le quotidien conservateur évoque la situation dans le QG de l’opposition, pris d’assaut dans la nuit de jeudi par les militaires, où une dizaine de dignitaires de l’opposition ont été retenus par les gendarmes avant d’être libérés hier soir, « après plus de 36 heures et une intervention de la France », souligne Le Figaro.

Que va-t-il se passer maintenant ? Selon un « bon spécialiste » anonyme cité par ce même-Figaro, « si Ali Bongo arrive à contenir la rue, cela pourrait passer ». Car, remarque-t-il, « pour l’instant les pressions diplomatiques minimales ».

Du reste, dans Le Parisien ce matin, quand ce journal lui demande s’il a le sentiment que « la France s’est mise en retrait depuis le début de cette crise », Jean Ping répond par l’affirmative. « On a le sentiment qu’il y a non-assistance à peuple en danger, de la part de la France, notre premier partenaire, mais aussi de toute la communauté internationale », déplore-t-il. Et Jean Ping de demander à François Hollande « qu’il exerce toutes les pressions nécessaires pour que la vérité des urnes soit reconnue et que ceux qui violent la démocratie soient mis hors d’état de nuire », dit-il encore dans Le Parisien.

Gabon : les tartufferies de la droite

Mais justement, au chapitre des réactions, si la gauche française n’a pas manqué de réagir très vite à la réélection d’Ali Bongo, la droite, elle a tardé à le faire. Et cela n’a pas échappé à nos confrères du site Internet de Jeune Afrique, qui remarquent fort judicieusement qu’en France, après être longtemps restés silencieux, « les ténors » la droite française ont commencé hier à faire entendre leur petite musique.

« À commencer par Alain Juppé, principal challenger de Nicolas Sarkozy pour la primaire des Républicains, qui, a appuyé l’une des principales revendications de l’opposition gabonaise, à savoir le recompte des voix, bureau de vote par bureau de vote ». Mais Jeune Afrique a manifestement comme un doute sur la sincérité de ce soutien du maire de Bordeaux à Jean Ping, en se demandant si cette réaction n’est pas seulement « une façon de mettre en difficulté son rival Nicolas Sarkozy ». Car en 2009, rappelle notre confrère panafricain, « l’ancien président français avait été l’un des premiers à chaudement féliciter Ali Bongo après son accession au pouvoir. Sept ans plus tard, Nicolas Sarkozy s’est pour l’heure gardé de le féliciter », remarque Jeune Afrique.

Dans la même veine qu’Alain Juppé, l’ancien Premier ministre François Fillon est lui aussi sorti du bois en faisant sien le « sentiment » que le président Bongo « n’a pas gagné cette élection ». Et aussitôt, Jeune Afrique de rappeler que François Fillon a récemment été « vivement critiqué pour ses propos assimilant la colonisation à “un partage de culture” », et qu’il a « refusé de s’appesantir sur les relations parfois incestueuses entre Paris et Libreville » en déclarant que « la repentance ne sert à rien ». Voilà ! Et sans commentaires…

Ouzbékistan : l’avant-dernier dinosaure

En Ouzbékistan, l’autocrate Islam Karimov est mort. L’Ouzbékistan, c’est le pays de Tamerlan, celui des mosquées à coupoles de Samarcande et de la route de la soie. Frontalier de l’Afghanistan, l’Ouzbékistan est aujourd’hui « vu comme un rempart aux infiltrations de groupes talibans dont certains ont prêté allégeance à l’organisation Etat islamique tout comme de jihadistes issus du Tadjikistan et du Kirghizstan et transitant par la vallée de la Ferghana », souligne Le Figaro.

Karimov occupait depuis plus d’un quart de siècle le fauteuil présidentiel à Tachkent, « faisant de lui le leader le plus âgé de l’espace post-soviétique, et doté de la plus grande longévité politique », rappelle Le Figaro. « Le régime Karimov était brutal mais aussi stable, qualité dont ses voisins immédiats peuvent difficilement se prévaloir et dont le successeur n’aura jamais la carrure. C’est pourquoi on peut nourrir quelques inquiétudes pour la stabilité de la région », estime un spécialiste dans le quotidien conservateur. « La transition est suivie de près, tant par la Chine que par la Russie », complète le journal.

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