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Revue de presse française

A la Une: présidentielle 2017, le choc Macron

Audio 06:15
AFP
12 mn

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Le ministre de l’Economie a démissionné, et ça change tout pour la prochaine présidentielle en France. Vrai choc en effet que cette démission d’Emmanuel Macron, car, c’est bien connu, la loi de l’arithmétique électorale est aussi dure que l’airain : si le désormais ex-ministre de l’Economie se présente à l’élection présidentielle de 2017, on voit mal comment François Hollande, qui « veut être candidat », comme le confirme en Une le journal Le Monde daté d’hier, pourrait se qualifier pour le second tour.

Et on le voit d’autant plus mal, à la lecture de ce sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, en kiosque ce matin, et selon lequel 85% des Français ne souhaitent pas que François Hollande soit candidat en 2017 à l’élection présidentielle. C’est vrai, y compris chez les sympathisants du Parti socialiste, 59% ne souhaitant pas que le chef de l’Etat se représente, sans parler des 86% chez les sympathisants du Front de gauche et 81% chez ceux d’EELV qui pensent la même chose. Mais dans le même temps, 74% des Français pensent que François Hollande sera quand même candidat à sa propre succession, contre 26% qui pensent le contraire.

Macron : le chambardement éditorial

Voilà pourquoi la démission d’Emmanuel Macron, qui brouille en effet cette dernière perspective et c’est un euphémisme, constitue un vrai choc. Et cette démission méritait même un changement de dernière minute de la Une de L’Obs. Sur la couverture de cet hebdomadaire, Emmanuel Macron, c’est « l’Homme Pressé ». Manifestement, ce journal, qui avait déjà en mars dernier consacré sa Une à « la fusée Macron », avait préparé ses dossiers au cas où le ministre viendrait à démissionner. Et ses lecteurs en ont pour leur argent sur les « projets », les « réseaux » et le « couple » d’Emmanuel Macron. « La fusée Macron a fini par décoller », s’auto-congratule L’Obs. Car depuis mardi, « Macron rime avec démission ».

L’hebdomadaire Le Point, en revanche, n’a pas estimé judicieux de modifier sa Une. Mais il consacre tout de même un article à la démission d’Emmanuel Macron en se demandant « qui pourra l’arrêter ? ».

Et Le Point n’est pas le seul. L’ensemble des journaux français tenaient au frais des articles consacré au très communiquant Emmanuel Macron, qui avait manifestement pris soin de les alimenter durant tout l’été. Comme le souligne Le Point, l’ex-patron de Bercy « a méthodiquement installé les rails de sa destinée ». L’hebdomadaire affirme même que « la première rupture entre François Hollande et lui, est ancienne et date de 2014 ».

L’Obs se fait encore plus précis. « La lettre de démission est écrite depuis les premiers jours de juillet. Une date est même sur la table des réunions du premier cercle, qui n’ont jamais cessé. Une date ou plutôt une période : la fin du mois de juillet ou le début du mois d’aout ». Mais l’attentat du 14 juillet à Nice retardera l’opération démission. « Il en sera quitte pour faire l’annonce en cette rentrée. Après une année d’atermoiements », énonce l’Obs.

Alors a-t-il bien fait de démissionner ? Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd’hui en France, 74% des Français jugent qu’Emmanuel Macron a eu raison de quitter Bercy et 45% d’entre eux souhaitent qu’il se présente à l’élection présidentielle alors qu’ils étaient 40% en juin.

Macron : changer la France

Voilà donc pour la démission d’Emmanuel Macron. Mais la presse hebdomadaire française s’interroge aussi naturellement sur les idées et les convictions de l’intéressé. Le sujet doit apparemment passionner les lecteurs puisque Le Journal du Dimanche consacre lui aussi sa Une à Emmanuel Macron, qui y dit vouloir « changer la politique », rien que ça ! L’ex-ministre de l’Economie veut « rassembler en dehors des partis ». Dans Le JDD, il dénonce « le cynisme du système politique » et défends ce qu’il appelle la « gauche du réel » et dénonce celle qui « défends l’immobilisme ».

Le Point se demande aussi quelles sont les convictions d’Emmanuel Macron. Sur « le rapport au travail, les inégalités, le rapport entre sécurité et libertés, le rapport à l’identité, le rapport à l’Europe », Macron constate « qu’il n’y a ni consensus de gauche ni consensus de droite sur ces grandes questions. En revanche je constate qu’elles rassemblent aujourd’hui des progressistes de gauche et de droite », explique-t-il à l’hebdomadaire. « Macron fait donc le pari que les progressistes, minoritaires à droite comme à gauche, sont majoritaires dans le pays dès lors qu’on se donne la peine d’aller chercher les électeurs qui ont cessé de voter. C’est pourquoi il se met En Marche ! » afin de les rallier à son blanc panache, explique Le Point. Qui le souligne. « S’il brise ses chaînes gouvernementales en cette fin août, c’est pour tailler en pièces ce système qu’il décrit comme « démocratiquement épuisé ».

Macron : maman, j’ai raté la fusée !

Et puis il convient de le souligner, il en est un qui n’a pas eu de chance avec cette démission d’Emmanuel Macron, c’est L’Express. Et pour cause. C’est mardi qu’Emmanuel Macron est allé directement à l’Elysée porter sa lettre de démission à François Hollande sans passer par Matignon, donc. Or mardi, cet hebdomadaire était déjà sous presse. Pas de chance en effet car s’il en est un parmi les magazines français qui avaient fait d’Emmanuel Macron son champion, c’est bien L’Express.

Résultat, la seule référence à Emmanuel Macron que ses lecteurs ont trouvée dans L’Express est cet écho relatif à la Une de Paris Match, cet été, sur laquelle l’alors toujours ministre de l’Economie, polo et short, et son épouse en maillot de bains, se tiennent main dans la main sur une plage du sud-ouest de la France. Dans L’Express, un ministre anonyme à qui son ex-collègue s’était confié après la parution de Match déclare que « Macron savait qu’un photographe le suivait ». C’est un peu court pour un journal dont Emmanuel macron est le vrai chouchou. Pas de doute, la loi d’airain du bouclage des journaux est dure, mais c’est la loi…

 

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