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Bonjour l'Europe

Varsovie indignée du meurtre d'un Polonais au Royaume-Uni

Audio 02:31
Graffiti xénophobe peint à l'entrée du centre culturel et social polonais à Hammersmith, un quartier de Londres.
Graffiti xénophobe peint à l'entrée du centre culturel et social polonais à Hammersmith, un quartier de Londres. REUTERS
Par : Damien Simonart
6 mn

Les Polonais sous le choc après les agressions xénophobes dont leurs compatriotes ont été récemment victimes à Harlow en Grande-Bretagne. Il y a deux semaines, un ouvrier polonais de 40 ans y a été battu à mort par des adolescents. Le week-end dernier, deux autres Polonais ont été agressés. Comment les autorités polonaises ont-elles réagi ?  

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De notre correspondant à Varsovie,

Le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères ainsi que le chef de la police polonaise se sont rendus en urgence à Londres lundi 5 septembre. Une visite de quelques heures pour s'enquérir auprès de leurs homologues respectifs des avancées de l’enquête sur la mort du citoyen polonais et s’assurer que la sécurité de leurs compatriotes en Grande Bretagne serait assurée.

Le ministre de l’Intérieur polonais, qui a réclamé une peine exemplaire contre les agresseurs, a exprimé son étonnement sur le fait que certains d’entre eux aient été remis en liberté sous caution. Le chef de la diplomatie a pour sa part rappelé que les Polonais apportent beaucoup à l’économie britannique et qu’ils doivent être protégés. En Pologne, ce meurtre et ces récentes agressions ont été abondamment commentés. Il faut rappler que, d’après les estimations, environ 1 million de Polonais vivent sur les îles. La Grande Bretagne est presque devenue une seconde patrie.

La xénophobie, monnaie courante en Pologne

La campagne du Brexit a attisé les émotions d’une partie de la population britannique contre les immigrés mais la Pologne n’est pas non plus un modèle d’ouverture sociale en Europe. Un sociologue du Centre de surveillance des actes racistes et xénophobes en Pologne affirme que la politique du gouvernement polonais est assez hypocrite. Car lorsqu’un Polonais est tué en Grande Bretagne, deux ministres se déplacent alors qu’en Pologne, les actes xénophobes sont presque monnaie courante et personne ne s’en émeut ! En Pologne, ce sont rarement des Européens qui sont agressés. La discrimination est plus religieuse. Ce sont les migrants en provenance du Moyen-Orient qui sont visés, ainsi que les musulmans. Plusieurs agressions ont eu lieu ces derniers mois sans pour autant qu’il y ait de mort. Les mouvements ultra nationalistes incitent régulièrement à la haine raciale lors de manifestations et le pouvoir ferme les yeux dessus.

Ce qui s’est passé en Grande-Bretagne est un choc pour les Polonais car ils ouvrent les yeux sur le fait que leur politique nationaliste peut se retourner contre eux. De là à changer les mentalités, il ne faut pas rêver. Cette année par exemple, le ministre de l’Intérieur qui s’est rendu hier à Londres a dissous le Conseil national de lutte contre les discriminations et la haine raciale en Pologne.

Varsovie, confortée dans sa politique d’isolement

Concernant le déplacement des ministres au Royaume-Uni, l’opposition polonaise dénonce une opération purement de communication, populiste, mais sans aucun fondement. Ironie de l’histoire, le gouvernement polonais répète sans cesse ces derniers temps que l’UE n’a pas à se mêler de ses affaires en ce qui concerne l’enquête sur l’Etat de droit. En revanche, les ministres polonais sont les premiers à vouloir dire à leurs homologues britanniques ce qu’ils doivent faire pour mettre fin aux actes xénophobes. Les mentalités en Pologne ne vont pas évoluer du jour au lendemain. Les agressions dont la communauté polonaise est victime en Grande-Bretagne risquent même de conforter Varsovie dans sa politique d’isolement.

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