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Chronique des matières premières

Le poulet français va mieux, mais il ne fait pas le poids en Europe

Audio 01:46
Un élevage de poulets à Vielle-Soubiran, dans le sud-ouest de la France.
Un élevage de poulets à Vielle-Soubiran, dans le sud-ouest de la France. ©AFP/IROZ GAIZKA

Trop petit, le poulet français subit la concurrence des autres origines européennes face au changement des habitudes alimentaires.

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Trop petit, le poulet français ! C'est la conclusion d'une étude très sérieuse commandée par FranceAgriMer. Si cela convient aux ménages pour le poulet rôti du dimanche – qui ne doit pas être trop gros –, dans la restauration, c'est une autre affaire. Un petit poulet, c'est moins de viande dans les filets. Or, la consommation de poulet est de plus en plus nomade et hors foyer, ce sont les filets que les préparations les plus basiques utilisent, sans parler des plats préparés.

Au kilo, la viande des petits poulets français est trop chère. Dans la restauration, on lui préfère à 80% du poulet importé. Et pas seulement du poulet du Brésil, de Thaïlande ou d'Ukraine, il vient beaucoup d'Allemagne et de Pologne. Dans ces pays, les élevages sont assez standardisés. L'offre française se caractérise au contraire par une grande diversité, du petit poulet fermier au petit poulet congelé pour le Moyen-Orient, en passant par le gros poulet standard, la dinde, la pintade ou le coquelet. « L'inconvénient, reconnaît Jean-Paul Simier, c'est qu'on ne peut pas massifier la production. Et dans la restauration, les marchés se remportent au centime près par kilo de volaille. Mais au pire moment de la crise dans cette filière, le petit poulet fermier a tenu bon et il a protégé l'élevage français des aléas du marché international. »

Depuis, la filière française s'est restructurée autour d'un ou deux champions nationaux, le prix des céréales et du soja pour nourrir les volailles a baissé. Malgré le coût élevé du travail et des normes plus strictes sur la taille des élevages, la France a amélioré sa compétitivité, elle est désormais au 10e rang mondial, devant les Pays-Bas désormais.

Alors augmenter la taille des poulets français destinés à la restauration, c'est une piste. Mais c'est peut-être le consommateur qui aura le dernier mot : la France a obtenu de la Commission européenne l'autorisation, à titre expérimental, de mentionner l'origine de la viande y compris dans les produits transformés.

On verra si ce « cocorico » sera aussi efficace que dans la viande porcine, où la mention de l'origine a déjà fait régresser le jambon espagnol des étals français.

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