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Russie: deux jeunes apprentis espions inconscients s'en tirent à bon compte

Audio 02:51
Le président russe Vladimir Poutine, entouré par son ministre de la Défense Sergueï Choïgou (g) et le patron du FSB Alexandre Bortnikov, en 2014 dans le port de Sébastopol, en Crimée.
Le président russe Vladimir Poutine, entouré par son ministre de la Défense Sergueï Choïgou (g) et le patron du FSB Alexandre Bortnikov, en 2014 dans le port de Sébastopol, en Crimée. AFP
6 mn

En Russie, jouer aux espions pour le compte des Américains peut coûter cher. Et c'est presque par miracle qu'en Sibérie, deux jeunes Russes s'en tirent avec un simple avertissement des services de sécurité russes (FSB). Ils ont essayé de vendre à la CIA de prétendues informations secrètes inventées de toutes pièces. Un étrange moyen de gagner son argent de poche, alors que les relations russo-américaines rappellent l'époque de la guerre froide actuellement.

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De notre correspondante à Moscou,  Elena Volochine

Voilà une histoire quelque peu insolite. Dmitry, 20 ans, s'y connait en informatique. Jusqu'ici, il gagnait sa vie en dépannant ça et là des ordinateurs. Jugeant ses gains insuffisants et son boulot ennuyeux, il a eu la bonne idée d'aller sur le site de la CIA. Et là, dans la rubrique « contact », il a écrit un message en russe - il ne parle pas anglais -, disant qu'il possédait des informations secrètes sur les mouvements de troupes russes. Des informations qu'il se disait prêt à révéler moyennant une grosse somme.

La réponse ne s'est faite attendre. « Nous sommes intéressés par le degré de préparation de l'armée russe, et les failles de son système informatique », a réagi la CIA. Un succès énorme pour Dmitry, qui a alors appelé son copain. Et ensemble, ils se sont mis à inventer des convois envoyés en Ukraine et des missiles pointés vers les Etats-Unis. Il n'a cependant pas fallu attendre bien longtemps pour que des agents - des vrais, cette fois-ci, ceux du FSB - frappent à la porte de Dmitry et arrêtent les traîtres présumés.

C'est quasiment un miracle, les deux acolytes s'en tirent finalement avec un avertissement. Comment expliquer que la punition ne soit pas plus sévère, sachant qu'ils ont tout de même joué avec le feu étant donné le contexte ? Il y a de quoi s'interroger. Mais l'absence de punition est peut-être tout simplement à mettre sur le compte de la paresse bureaucratique russe, dont la réputation n'est plus à faire.

Il est vrai qu'en d'autres cas, les protagonistes avaient pris plus cher pour moins que cela. On pense notamment à Svetlana Davydova, qui a passé quelques temps derrière les barreaux, risquant 20 ans de prison pour haute trahison. Cette mère de sept ans enfants avait passé un coup de fil à l'ambassade ukrainienne à Moscou pour faire part de ses soupçons quant à l'envoi de soldats russes en Ukraine.

Quant aux Etats-Unis, ils sont considérés par Vladimir Poutine comme l'ennemi numéro un de la Fédération de Russie. Depuis l'annexion de la Crimée, les moyens alloués à la défense ne cessent de croître et la rhétorique anti-américaine est omniprésente. En Russie, il ne se passe pas un jour sans que les médias d'Etat ne brandissent la menace américaine comme très grave et imminente pour la sécurité du pays.

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